Ibid. m
Merciens du sud ou Middle-Anglcs, qu'il gouvernait sous le titre de roi du vivant de son père. Il était à craindre que la conversion de Peada n'irritât le fanatisme de Penda ; niais le vieux roi, tout en persistant dans son attachement à la religion de ses ancêtres, exprima son admiration pour la morale de l'Évangile , et permit de l'enseigner à ses sujets. Toutefois il fit aux convertis l'observation malicieuse que, puisqu'ils avaient préféré le nouveau culte, il était bien juste qu'ils en pratiquassent les préceptes; et que tout individu qui unirait les mœurs du paganisme qu'il avait abjuré à la croyance du christianisme qu'il avait embrassé, encourrait son déplaisir*.
[A. D. 653.] Vers le même temps un autre royal prosélyte fut conduit aux eaux du baptême. Sigeberct, roi d'Essex, était attaché à Oswio par la reconnaissance, et rendait de fréquentes visites à la cour de Northumbrie. Oswio travailla à convaincre son, ami de l'absurdité de l'idolâtrie. H lui répéta fréquemment que des images faites par la main de l'artiste ne pouvaient posséder aucune des propriétés de la divinité, et que le Dieu qui méritait l'adoration de l'homme était nécessairement un être tout-puissant et éternel , créateur, régulateur et arbitre de l'univers2. Sigeberct écouta avec attention son royal instituteur, consulta les thanes de sa suite, et fut baptisé par Finan , successeur d'Aidan,| à Waubottle dans le Northumberland. Le prêtre Cedd fut sacré évêque des Saxons de l'Est, et fixa sa résidence à Londres.
Mais Penda avait de nouveau appelé ses Merciens aux armes. La première victime de son ressentiment fut Anna, roi des Est- Angles, qui, depuis trois ans, donnait asile à^Coinwalch, roi de Wessex. [A. D. 654.] Il périt dans la bataille, et fut remplacé par son frère Edilhère, qui dirigea adroitement les hostilités du vainqueur contre les Northumbres. Ce fut en vain qu'Oswio entreprit de détourner le danger par l'offre de sa soumission et d'un tribut. Le Mercien déclara que son dessein était d'exterminer toute la nation ; les présents qu'on lui avait envoyés furent distribués à ses auxiliaires ; et trente chefs vassaux, saxons et bretons, grossirent de leurs guerriers les rangs de son armée. A la fin le désespoir raffermit le courage d'Oswio. [A. D. 655.] Accompagné de son fils Alchfrid et d'une troupe peu nombreuse, mais résolue , il marcha à la rencontre de cette multitude d'envahisseurs. La nuit qui précéda cette lutte décisive , il implora avec ferveur l'assistance du ciel, et fit vœu , s'il revenait vainqueur, de vouer sa