‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 79 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

eût éclaté en son absence , soil que le parti des missionnaires écossais eût pris de l'ascendant, comme Eddius le donne à entendre, Wilfrid , à son retour, trouva Ceadda en possession de la dignité épiscopale, et se retira paisiblement dans son monastère à Rippon. Mais Théodore de Canterburv rétablit Wilfrid et transféra Ceadda à Lichfield. Oswio acquiesça à la décision du métropolitain , et l'évêque jouit pendant plusieurs années de son amitié et de celle do son successeur Egfrid *.

La première femme d'Egfrid était Edilthryde , fille d'Anna , roi des Est-Angles, et veuve de Tondberct, ealdorman des Girviens. De bonne heure, dans la vie, elle s'était liée par un vœu de virginité qui fut respecté par la piété ou l'indifférence de son mari. Celui-ci mort, elle fut demandée par Oswio pour son fils Egfrid, qui n'avait alors que quatorze ans ; et, en dépit de ses représentations, elle fut conduite par ses parents à la cour de Northumbrie. Elle persista dans sa première résolution ; et Egfrid, quand il monta sur le trône, soumit le fait à la décision de .Wilfrid, après lui avoir promis un présent considérable dans le cas où il obtiendrait d'Edilthryde qu'elle renonçât à ce vœu de son enfance. Le prélat, toutefois, trompa ses espérances : la princesse prit le voile à Coldingham , et l'amitié qui existait entre Wilfrid et Egfrid s'altéra considérablement. Le roi alors épousa Ermenburge , princesse dont la violence de caractère excita le mécontentement du peuple et les remontrances de l'évêque. La liberté de ces admonitions mortifia l'orgueil de la reine ; et elle trouva dans son mari un docile instrument de sa vengeance*.

Dans l'exercice de son autorité, l'archevêque Théodore était toujours sévère, quelquefois despotique. Il avait déjà déposé trois des prélats saxons, et Wilfrid était réservé au même sort. [A. D. 678.] A la sollicitation d'Egfrid et d'Hermenburge, il vint en Northumbrie, divisa le vaste diocèse d'York en trois parties, et sacra trois nouveaux prélats : un pour la Bernicie, un pour le Deire, et un troisième pour le Lindiswaras. Mais Wilfrid ne garda pas le silence ; il se plaignit d'avoir été dépouillé sans avertissement ni accusation ; et, de l'avis des évôques ses collègues, il en appela à l'équité du souverain pontife. L'appel fut admis. Le prélat outragé poursuivit l'affaire en personne : le moine Cœnwald se présenta comme avocat de Théodore. Après les avoir écoutés patiemment, le pape Agathon décida que Wilfrid serait rétabli dans son évéché , mais qu'il choisirait dans son propre clergé trois personnes convenables, qu'il les

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