Bed. iv, 19. Edd. xxtv
ordonnerait évèques et partagerait entre eux les parties de son diocèse les plus éloignées
Egfrid et Hermenburge avaient fait plusieurs tentatives infructueuses pour arrêter le prélat sur sa route. [A. D. 680.] A son retour ils le jetèrent en prison, et pendant neuf mois tachèrent, en employant tour à tour la douceur et la sévérité , les promesses et les menaces , de lui arracher l'aveu que le rescrit du pape avait été obtenu par la corruption ou falsifié de ses mains. Lassés enfin par sa constance et les importunités de l'abbcsse Ebba , ils consentirent à son élargissement , mais à condition qu'il s'engagerait par serment à ne jamais remettre les pieds dans les États d'Egfrid. Wilfrid se retira en Mercie ; de la Mercie il fut chassé, par les intrigues de ses persécuteurs, dans le Wessex , et du Wessex il fut forcé de chercher un asile chez les païens du Sussex. Edilwaeh, leur roi , le prit sous sa protection , et l'exilé reconnut ce bienfait en répandant parmi ses sujets les doctrines de l'Évangile. Les Saxons du sud furent le dernier peuple de Poctarchie qui embrassa le christianisme».
Quoique les familles royales de Northumbrie et de Mercie fassent alliées par des mariages, leur union avait été détruite par l'ambition d'Egfrid. [A. D. 679.] Les armées ennemies se rencontrèrent sur la Trent : leur valeur se déploya sans fruit dans un combat douteux ; et la paix fut rétablie par les exhortations paternelles de Théodore. jElfwin, frère d'Egfrid, avait péri dans la bataille; et, comme l'honneur du roi le poussait à demander satisfaction , on lui persuada d'accepter le were légal, au lieu de prolonger les hostilités en vue d'une vengeance incertaine5. Plus tard, dans l'année qui précéda sa mort, il envoya Beorht, chef belliqueux et sanguinaire, ravager la côte de l'Irlande. Les motifs de cette expédition nous sont inconnus. Bède nous.assure que les Irlandais étaient un peuple inotîensif et bienveillant : beaucoup d'Angles avaient coutume de se rendre chez eux dans le désir de s'instruire, et en toute occasion ils avaient été reçus avec bonté et défrayés de tout. Beorht reconnut leur hospitalité en ravageant leur pays, et en brûlant leurs villes, leurs églises et leurs monastères. Les naturels, hors d'état de repousser l'envahisseur par la force, appelèrent la vengeance du ciel sur l'auteur de leurs maux , et leurs imprécations furent regardées comme exaucées l'année suivante par la mort infortunée d'Egfrid. [A. D. 685.] Contre l'avis de son conseil, ce roi