‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 81 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

mena une armée sur le territoire des Pietés. Brude, le roi picte, se retira prudemment devant des ennemis supérieurs en force jusqu'à ce qu'ils se fussent engagés à sa poursuite dans les défilés des montagnes. A Drumncchtan il se donna une bataille dont l'issue fut tres-funeste aux Northumbres : peu d'entre eux échappèrent au carnage ; Egfrid lui-même fut trouvé mort par les vainqueurs sur le champ de bataille, et honorablement enterré dans le cimetière royal de Hii. Les Pietés, les Écossais, et quelques tribus des Bretons profitèrent de cette occasion de recouvrer leur indépendance. Trumwin, qu'Egfrid avait nommé évèque d'Abercorn, s'enfuit dans le midi avec son clergé ; et tous ceux des colons saxons qui n'avaient pas eu le bonheur de s'échapper précipitamment, furent passés au fil de l'épée ou condamnés à un esclavage perpétuel

Egfrid n'avait laissé aucun enfant d'Ermcnburge ; et les thanes northumbres offrirent la couronne à Aldfrid, réputé fils d'Oswio, mais illégitime. Pendant le dernier règne, Aldfrid s'était retiré aux îles occidentales et avait consacré le temps de son exil à étudier sous la direction des moines écossais. Ses progrès lui valurent de ses contemporains fe titre de roi savant. Quoique ses dispositions pacifiques et l'affaiblissement du royaume ne lui permissent pas de s'arroger la suprématie qu'avaient eue plusieurs de ses prédécesseurs, il régna respecté de ses voisins, chéri de ses sujets et loué par les savants, qu'il protégeait. S'il conduisit en personne quelque expédition militaire, c'est ce que les historiens ne disent pas ; mais le célèbre Bcorht, par son ordre ou avec sa permission, essaya d'effacer la honte que la dernière défaite avait jetée sur les armes northumbres; et, comme l'infortuné Egfrid , il perdit dans cette entreprise et la vie et son armée *.

La seconde année de son règne, Aldfrid , à la recommandation de l'archevêque Théodore, avait rétabli Wilfrid dans son évéché et dans ses possessions. La réconciliation ne dura pas. Les prélats qui avaient été expulsés par suite du retour de Wilfrid gagnèrent la confiance du roi; ils mirent dans leurs intérêts Brithwald, successeur de Théodore, et l'évèque persécuté fut forcé d'en appeler une seconde fois à la justice de Rome. Il revint avec une attestation du pape qui reconnaissait son innocence; mais Aldfrid refusa de le recevoir, et il se réfugia sous la protection de Coenred de Murcie. Aldfrid mourut en 705; et, à ses derniers moments, il regretta sa conduite envers Wilfrid et légua à son successeur le

J. Bed. ni, 27; îv, 26. Edd. xliiï. Chron. sax. 45. Sim. Dun. Hist. ecc. Dun. p. 48

2 Bcd. v,24.

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soin de rendre justice à ce prélat. Un compromis qui satisfaisait toutes les parties eut lieu dans le cours de la même année1.

Jusqu'ici les actions et les talents des princes northumbres ont demandé beaucoup d'espace ; quelques pages suffiront à l'histoire de leurs successeurs , qui ne présentera au lecteur qu'une série continuelle de perfidies , de trahisons et de meurtres. A la mort d'Aldfrid, son fils Osred était âgé de huit ans. [A D. 705.] L'ealdorman Eadulf usurpa le sceptre et assiégea l'enfant royal dans Bamborough; mais le peuple épousa la cause d'Osrcd, et l'usurpateur , après un règne tumultueux de deux mois , reçut le prix de sa trahison. Berctfrid prit la tutelle du roi et châtia les incursions des Pietés , dans une bataille sanglante donnée près de la muraille. Mais Osred s'affranchit bientôt du joug de son gouverneur, et l'indomptable jeune homme fut tué dans sa dix-neuvième année, sur les rives du Winandermere, en essayant d'étouffer une dangereuse insurrection dirigée par ses parents , les deux frères Camred et Osric. [A. D. 716.] Camred occupa le trône deux ans, Osric onze; et, à la mort de celui-ci, il échut à Ceolwulf, frère de son prédécesseur. Le savoir et la piété de Ceolwulf sont attestés par le vénérable Bède ; mais il n'avait ni la vigueur ni l'autorité qu'exigeait sa position. [A. D. 731.] La seconde année de son règne, il fut pris, rasé et enfermé dans un monastère. Il s'échappa de cette prison , remonta sur le trône , et apprit , au milieu des brillants soucis de la royauté, à regretter la tranquillité qu'il avait goûtée malgré lui dans le cloître. Après un règne de huit ans, il abdiqua volontairement et embrassa la profession monastique à Lindisfarne *. Il eut pour successeur son cousin Eadbert, qui , durant un règne de vingt et un ans , agrandit le territoire et fit revivre pour quelque temps l'ancienne gloire des Northumbres. Les Pietés et les Merciens éprouvèrent la supériorité de ses armes; et, avec l'assistance d'Ouengus, roi des Pietés, il prit Dumbarton aux Bretons et ajouta Cyil a ses États. [A. I). 73G.J Dans sa vieillesse il imita son prédécesseur, et reçut la tonsure dans l'église d'York, dont son frère Egbert était archevêque. [A. D. 758.] Quelques écrivains attribuent sa retraite à la contrainte; d'autres, à l'impression produite sur son esprit par la comparaison de la mort violente de deux princes contemporains avec la fin paisible de Ceolwulf5. Oswulf, fils d'Eadbert, périt victime d'une

conspiration de ses thanes peu après son avènement, et le suffrage <

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