‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 85 sur 643 · MERCIE · texte numérisé non relu

MERCIE

Dans les pages précédentes, le lecteur aura remarqué Favénement de Wulphère au trône de Mercie , et les luttes fréquentes qu'il soutint , non sans gloire , contre la puissance des Northumbres. Avec un courage égal , et parfois avec plus de succès , il résista à ses rivaux du midi, les rois de Wessex. Dans la première rencontre, le hasard de la guerre avait fait tomber Wulphère aux mains de Coinwalch; mais, en recouvrant sa liberté, il effaça la honte de sa défaite. [A. D. 661.] A la bataille de Pontisbury les troupes du Wessex furent dispersées; les vainqueurs ravagèrent le pays de leurs ennemis; et les Wihtwaras, habitants de l'ile de Wight, se soumirent à la domination de Wulphère*. Ce prince fut alors le plus puissant roi du sud du Humber, et il employa son autorité à propager le christianisme parmi ses sujets. L'idolâtrie disparut de la Mercie; les naturels de l'Essex, qui pendant la peste étaient retournés au culte de Woden, en furent rappelés par

1. Les Anglo-Saxons convertis furent redevables à leurs missionnaires du peu de savoir qu ils acquirent : de là vient que , pendant quelque temps , ceux du nord, allaient principalement s'instruire on Irlande , ceux du midi auprès des professeurs romains de Canterbury. Il en résulta entre les deux îles une sorte de rivalité littéraire, dont il est rendu un compte amusant par-Aldhelm , qui avait étudié d'abord sous les maîtres irlandais, et ensuite sous les romains. Dans sa lettre à Eadfrid,

ui revenait d'Irlande, il donne de justes louantes au savoir des étudiants irlanais ; mais il fait observer que l'Angleterre en a aussi sa part; que Théodose et Adrien brillent comme le soleil et la lune à Canterbury , et que le premier est entouré de disciples, et même de disciples irlandais : u Theodorus summi sacerdotii gubernacula regens, Hibernensium globo discipulorum stipatur. »» Usser. Syllog. ep. p. 38. Voyez aussi O'Connor, Probl. xix.

2. C'est, ce me semble, la manière la plus plausible de concilier Ethelwerd. (p. 476) avec la Chronique saxonne (p. 39) et Bède iiv, 13).

Page 1