‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 87 sur 643 · Chron. sax. p. 41. Edd. xx · texte numérisé non relu

Chron. sax. p. 41. Edd. xx

3. Bed. iv? 12, 21; v, 19. Chron. sax. 44, 19 Flor. ad ann. 746. Chron. Pet. de Burg. p. 6.

loués hautement par les anciens chroniqueurs , mais dont le court règne de cinq ans n'offre à l'historien qu'un thème stérile. [A. D. 709.] Dès que Ceolred, fils du monarque précédent, fut en âge de porter le sceptre, Cœnred abdiqua, et s'étant rendu à Rome reçut l'habit monastique des mains du pape Constantin. Offa , fils de Sighère, roi d'Essex, fut le compagnon de son pèlerinage et l'imitateur de ses vertus1 .

Le règne de Ceolred fut presque aussi tranquille que celui de son prédécesseur. Il ne tenta qu'une fois le sort des armes ; ce fut contre Ina, roi de Wessex. [A. D. 715.] La bataille se donna à Wodensbury, et les deux nations revendiquèrent la victoire. Mais Ceolred dégénéra de la piété de ses pères, et par la licence de ses mœurs s'aliéna le cœur des Merciens. La huitième année de son règne, comme il se mettait à table avec ses thanes, il perdit subitement la raison, et pou après il expira dans les plus cruellt s souffrances 2 .

Ethelbald, descendant d'Alwin, frère de Penda, était contemporain de Ceolred. Il était dans la vigueur de la jeunesse, gracieux d'extérieur, avide de pouvoir, et immodéré dans ses plaisirs. Pour éviter la jalousie de Ceolred , qui le considérait comme un rival, Ethelbald se cacha dans les marais de Croyland, où il fut traité avec hospitalité par le célèbre ermite Guthlake. Aussitôt qu'il apprit la mort de son persécuteur, il sortit de sa retraite, prit le sceptre sans opposition ; et plus tard, pour témoigner sa reconnaissance à son ancien bienfaiteur, il éleva une église et un monastère magnifique sur la tombe de Guthlake ». Le caractère d'Ethclbald était un mélange de vices et de vertus. Il était libéral envers les pauvres et envers ses serviteurs; il surveilla avec sollicitude l'administration de la justice, et réprima sévèrement les inimitiés héréditaires qui divisaient les thanes de Mcrcie, et diminuaient la force de la nation. Mais quand c'était dans son propre intérêt, il ne se faisait pas scrupule de violer les droits de ses sujets ; et pour n'apporter aucune entrave à ses plaisirs, il refusa dr» s'enchaîner dans les liens du mariage. Les plus nobles familles furent déshonorées par ses amours, la sainteté du cloître fut profanée. Le bruit de son immoralité parvint aux oreilles du missionnaire saint Boniface qui, du centre de la Germanie, lui écrivit une lettre pleine des plus vifs reproches On ne dit pas quelle influence elle eut sur sa conduite ;

Page 1