CHAPITRE TROISIÈME
[A. D. 652, 608 ] Coinwalch eut, contre les Bretons, des succès signalés. Il les défit à Bratford et ensuite à Pen , et fit du Parret la frontière occidentale de son royaume. Mais il fut contraint de plier devant le pouvoir de Wulphère, roi de Mercie. Si la chance de la guerre fit tomber ce prince dans les mains de Coinwalch, le lecteur a v u qu'il recouvra sa liberté, défit les Saxons de l'ouest, et transmit la souveraineté de l'île de Wight et d'une partie de Hampshire a son ami Edilvvalch, roi de Sussex !. [A. D. 661.]
La mort de Coinwalch, qui ne laissait pas d'enfants, ouvrit une perspective séduisante à l'ambition des derniers descendants de Cerdic ; mais les rênes du gouvernement furent à l'instant saisies par sa veuve, Sexburge', princesse que son courage et ses talents rendaient digne d'une couronne. [A. D. 672.] Par sa promptitude et sa décision, elle prévint ou déjoua les tentatives de ses adversaires; à la tète de son armée, elle tint en respect les princes voisins, qui brûlaient d'abaisser la puissance du Wessex, et, par la douceur de son gouvernement, elle tâcha de réconcilier ses sujets avec l'idée de voir une femme régner. Mais il se manifesta un mécontentement général ; les chefs regardèrent comme un déshonneur de se soumettre au sceptre d'une femme, et elle aurait probablement été chassée du trône si la mort n'eût devancé leur entreprise avant la fin de la première année de son règne *.
Le gouvernement du Wessex prit alors une forme aristocratique. Les plus puissants thanes s'associèrent pour leur défense mutuelle, et, en cas d'une guerre étrangère, ils décernaient à l'un d'entre eux le titre de roi*. [A. D. 674.] Le premier de ces rois fut vEscuin, descendant de Ceolwulf, qui soutint une bataille sanglante, mais peu décisive, contre Wulphère, à Bedwin, dans le Wiltshire. [A. D. 675.] Il mourut ou fut expulsé l'année suivante. Centwin, frère de Coinwalch, lui succéda, et les Saxons de l'ouest repoussèrent les Bretons jusqu'aux bords de l'océan. [A. D. 681 .] Pour échapper à ses poursuites, beaucoup de Bretons rejoignirent leurs frères en Armorique *.
Parmi les nombreux princes de la famille de Cerdic était Cœadwalla, de la maison de Ceawlin. Sa jeunesse, son activité et son courage l avaient distingué de tous ses égaux; mais les qualités qui lui attiraient l'admiration du peuple alarmèrent la jalousie de