‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 101 sur 563 · CHAPITRE DEUXIÈME. K'j · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. K'j

que les accusations contre Edouard et ses favoris n'étaient pas sans fondement), fut généralement saluée comme la libératrice du pays. Les seigneurs du parti de Lancaster accoururent au devant d'elle ; le primat lui fournit de l'argent pour payer ses troupes; et l'autre frère du roi, le comte de Norfolk, avec trois évêques, vint la trouver au camp. Des lettres furent écrites immédiatement aifcc prélats et barons restants, pour les attirer dans son parti en leur exposant ses vues et en leur présentant un tableau exagéré de ses forces présentes et des secours qu'elleattendait de son frère le roi de France. Maie, à Wallingford, on lui fit des propositions qui alarmèrent les auteurs réels de l'expédition. Les nouveaux venus se déclaraient ennemis des Spenser, mais parlaient de rendre la reine h son époux et de le forcer de gouverner par les conseils de son parlement. Les principaux d'entre eux furent immédiatement convoqués à un conseil, dans lequel Orlelon, par ordre d'Isabelle, accusa le caractère violent et vindicatif d'Edouard, cita plusieurs exemples, vrais ou supposés, de sa conduite brutale envers la, reine, et affirma solennellement que dans les circonstances présentes, elle ne pourrait revenir auprès de lui sans un danger évident pour sa vie *. En môme temps [15 octobre], on arrêta de publier une proclamation qui, tout en dirigeant la haine publique contre le favori, gardait soigneusement le silence sur le système futur de gouvernement. 11 y était dit que la reine, le prince et le comte de. Kent, étaient venus délivrer la nation de la tyrannie de Hugh Spenser, qui avait déshérité la couronne de ses droits, privé l'Eglise de ses possessions, irrité le roi contre la reine et son fils, traîné en justice, assassiné ou exilé les hommes importants du royaume, dépouillé les veuves et les orphelins de leur propriété, et accablé le peuple d'exactions injustes. Ils requéraient donc l'assistance de tout bon et loyal sujet, car ils n'avaient d'autre objet en vue que l'avantage de l'Eglise et du royaume. En outre, les émissaires, qui distribuaient cette proclamation, avaient pour instructions d'informer le peuple que le pape avait excommunié tous ceux qui porteraient les armes contre la reine, avait délié les vassaux du roi de leur allégeance, et avait envoyé deux cardinaux donner à l'entreprise la sanction du siège apostolique 2. Quand la reine approcha de la capitale, Edouard, comme der-

1. Âpolog. Ad. Orlet. 2766. On croyait à sa prétendue crainte des violences du roi, et la plupart de nos historiens en ont parlé.

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