Rvm. iv, 236. Moor
nière ressource, lit appel à la loyauté et à la pitié des citoyens. Leur réponse fut froide, mais claire. Les privilèges de la cité, firent-ils observer, ne leur permettaient pas de suivre le roi sur le champ de bataille; mais ils fermeraient leurs portes aux étrangers, et auraient en toute occasion les égards dus à leur souverain, à son épouse et à son fils. Edouard partit immédiatement [2 oct.] avec les deux Spenser, le chancelier BaMock et une faible escorte ; et bientôt après son départ [15 oct.], la populace se souleva, égorgea Walter Stapledon, évêque d'Exeter, s'empara de force de la tour, et délivra les prisonniers. Le monarque fugitif se hâta de gagner les Marches des Galles, où étaient situés les domaines de son favori [16 oct.]. Bristol fut donné en garde au vieux Spenser, comte de Winchester ; et à Caerfilly une tentative fut faite pour soulever les hommes de Glamorgan [19 oct.]. Mais les Gallois furent également indifférents à la détresse de leur seigneur et à celle de leur souverain ; et Edouard, avec son favori, s'embarqua [26 oct.] pour Lundy, petite île à l'embouchure du canal de Bristol, et qui avait été préalablement fortifiée et abondamment approvisionnée l.
La reine ne fut pas lente à poursuivre son époux fugitif. Lorsqu'elle passa par Oxford, elle ordonna à Orleton de prêcher devant l'université. L'évêque choisit pour texte ce passage de la Genèse : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne. Elle te brisera la tête. » 11 appliquait ces paroles à Isabelle et aux Spenser ; mais beaucoup de gens crurent découvrir dans ce sermon de sombres et prophétiques allusions au sort qu'éprouva ensuite l'infortuné Edouard. D'Oxford elle se rendit en hâte à Bristol [26 oct.] ; et le comte de Winchester, ne pouvant maîtriser les mauvaises dispositions des bourgeois, rendit la ville et le château le troisième jour. Ses cheveux blancs (il avait passé sa quatre-vingt-dixième année) ne furent pas respectés de ses ennemis ; et il fut accusé devant sir William Trussel, un des exilés élevés par Isabelle à l'office de juge, d'avoir pris sur le roi une influence mauvaise, exercé le pouvoir royal, augmenté la désunion du roi et du peuple, et conseillé l'exécution du comte de Lancaster. Dans ces temps de désordres, la liberté de la défense était rarement accordée à un prisonnior politique, mais la notoriété des faits énoncés dans l'accusation était admise comme justification de la sentence qui était rendue immédiatement. Le
1. Ang. Sac. i, 366. Wals. 123, 134. Moor, 598-600. Bjm. iv, 238.