CHAPITRE DEUXIÈME
comte fut traîné du tribunal au lieu de l'exécution, où ses ennemis assouvirent leur vengeance de la vue de ses lortures. On lui arracha, vivant, les entrailles : son corps fut ensuite suspendu a un gibet pendant quatre jours, puis coupé en morceaux et jeté aux chiens
A Bristol, on eut la certitude que le roi avait mis en mer ; et on publia aussitôt dans toute la ville une proclamation qui le sommait de revenir et de reprendre les rênes du gouvernement. Cette comédie n'était qu'un acheminement a une importante décision prise par les prélats et les barons dans l'intérêt de la reine. S'arrogeant les pouvoirs du parlement, ils décidèrent que l'absence du roi avait laissé le royaume sans chef; et en conséquence [26 oct.] ils nommèrent le « duc d'Aquitaine » tuteur du royaume au nom et du chef de son père 2. La mauvaise fortune poursuivit Edouard sur mer comme sur terre. 11 ne. put atteindre l'île de Lundy ; et après avoir lutté quelques jours contre un fort vent d'ouest, il aborda à Swansea, se retira à Neath [10 nov.], et chercha à tromper les recherches de ses ennemis en se cachant dans différents lieux entre ce monastère et le château de Caerfilly, occupé par un de ses partisans, John de Felton [17 nov.]. A la fin, Henri, comte de Leicester, qui depuis peu [19 nov.] avait pris le titre de son frère supplicié, le comte de Lancaster, corrompit la fidélité des indigènes, et s'empara de Spenser et de Baldock, qui s'étaient cachés dans les bois, près du château de Lantressan. Edouard, dit-on, sortit immédiatement de sa retraite, et se rendit volontairement à son cousin, qui l'envoya dans la forteresse de Kenihvorth. On différa son arrêt, pour répondre aux vues de sa femme : les autres captifs furent sacrifiés sans miséricorde au ressentiment de leurs ennemis. Baldock, comme ecclésiastique, fut enfermé d'abord dans la prison delévêque de Hereford, et ensuite dans celle de Newgate, où il s^Plomba aux rigueurs de sa captivité. Spenser fut traduit devant le juge, dont les mains fumaient encore du sang de son père [2A nov.]. Les crimes qu'on lui imputa sont la meilleure preuve de son innocence. Selon Trussel, il avait été cause de toutes les calamités qui avaient accablé le royaume depuis son retour d'exil, du mauvais succès de l'expédition du roi en Ecosse, et de la réussite des incursions écossaises en Angleterre. Non-seulement il avait