Rym. iv
f:« ' ' HISTOIRE* D'ANGLETERRE.
persécuté jusqu'à la mort le comte de Lancaster et ses adhérents, mais quand Dieu avait démontré la vertu de ce seigneur par les" cures surnaturelles opérées sur sa tombe, il avait posé des gardes pour empêcher l'affluence du peuple et étouffer la publicité des miracles 1 ; il avait constamment fomenté la dissension entre Edouard et son épouse; il avait soldé des meurtriers pour assassiner la reine et le prince lorsqu'ils étaient en France; et à leur retour avait enlevé le roi et les trésors royaux contrairement aux articles de la grande charte. « C'est pourquoi, continue ce juge équitable, tous les hommes de bien de ce royaume, petits et grands, pauvres et riches, ordonnent d'une voix unanime que vous, Hugh Spenser, comme voleur, traître et proscrit, soyez traîné au gibet, pendu, éventré, décapité et mis en quartiers. Hors d'ici donc, traître : allez recevoir la récompense de votre tyrannie, traître pervers et convaincu ! » 11 fut traîné au supplice, vêtu d'une robe noire, avec les armes de sa famille renversées et couronné d'orties, et il fut pendu à une potence haute de cinquante pieds, au milieu des acclamations et des huées de la populace. Un peu au-dessous, -on pendit Simon de Reading, serviteur fidèle qui avait toujo'urs partagé les diverses fortunes de son maître. Indépendamment d'eux, on décapita le comte d'Arundel et deux autres gentilshommes. Ils étaient restés neutres durant l'invasion; mais ils étaient accusés d'avoir consenti a la mort du comte de Lancaster. Dans l'opinion du public, leur principal crime était d'avoir des possessions contiguës à celles du favori de la reine, à qui elles furent données 2.
De Hercford, Isabelle, accompagnée de Mortimer et de son fils, se rendit k petites journées à Westminster, où s'assemblait le parlement. La session fut ouverte par un long discours de ce rusé politique,^vêqûe de Hercford [7 janvier 1327]. L'éloignement des SpensWle la personne du roi, seul objet ostensible du parti, était effectué, et il était naturel de demander pourquoi Edouard,
au nom de qui le parlement avait été convoqué 3, n'était pas
1. On prétendait que des miracles s étaient opérés sur sa tombe, et sur la" colline où il avait été décapité. En conséquence une garde de quatorze hommes d'armes fut chargée d'empêcher tout accès en ce lieu. Lel. Coll. n, 466. Peu après le couronnement du roi , une lettre fut écrite au pape à la requête des communes en parlement, pour demander la canonisation de Lancaster et de son ami Robert, archevêque de Canterburv. Il ne fut pas tenu compte de la requête. Ryra. iv, 263. Rot. Pari, 7.
2. Knygh. 2546-2549. Moor, 600. Wals. 125. Lcl. Coll. n, 468.
3. Les premières ordonnances avaient été attestées du prince comir.e tuteur