‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 106 sur 563 · Ang. Sac. i, *G · texte numérisé non relu

Ang. Sac. i, *G

père. Pour faire taire ses scrupules, on nomma une dépiïtation composée de prélats, de comtes, de barons, de chevaliers, de citoyens et de bourgeois. Ils furent chargés de se rendre à Kenilworth, de notifier à Edouard l'élection de son fils, d'obtenir de lui une résignation volontaire de la couronne, et, s'il refusait, de lui retirer leur hommage, et d'agir selon que les circonstances le suggéreraient. [20 janvier] Les évêques de Winchester et de Lincoln, tous deux ses ennemis, l'un déclare*, l'autre secret, furent les premiers qui arrivèrent. Ils employèrent arguments, promesses et menaces pour obtenir le consentement de l'infortuné roi; parlèrent de la grandeur d'âme qu'il déployerait, et de la récompense qu'il mériterait en renonçant à la couronne pour rendre la paix h son peuple; lui promirent, en cas d'acquiescement, un revenu et un établissement princiers; et le menacèrent, s'il refusait, non-seulement de le déposer, mais de laisser son fils de côté , et de choisir un souverain dans une autre famille. Lorsqu'ils eurent suffisamment excité ses espérances et ses craintes, ils le conduisirent, vêtu d'un simple robe noire, dans la salle où la députation était disposée pour le recevoir. A la vue d'Oleton, son ennemi mortel, qui s'avançait pour lui parler, il recula et se laissa tomber a terre; mais bientôt il se remit assez pour écouter le discours de ce prélat. Sa réponse est rapportée différemment par ses amis, et par ses adversaires. Selon les premiers, il répliqua qu'aucun acte de lui ne pourrait être regardé comme libre, tant qu'il resterait prisonnier ; mais qu'il tâcherait de supporterpatiemment tout ce qui pourrait arriver. Les derniers disent qu'il exprima son chagrin d'avoir causé cette irritation a son peuple; qu'il se soumit à ce qu'il ne pouvait éviter, et remercia le parlement d'avoir conservé la couronne dans sa famille. Sir William Trussel lui adressa immédiatement ces paroles : « Moi, » Wiliam Trussel, procureur des comtes, barons et autres, ayant » pour ce plein et suffisant pouvoir, retire et reprends à vous, » Edouard, jadis roi d'Angleterre, l'hommage et fidélité des per- » sonnes nommées dans ma procuration; et les acquitte et dé- » charge desdits, de la meilleure manière que le permettront » la loi et la coutume. Et maintenant je proteste en leur nom qu'ils » ne veulent plus vous garder fidélité et allégeance, mais qu'ils . » vous tiendront désormais comme une personne privée, sans » aucune espèce de dignité royale. » Cette pénible cérémonie se termina par Pacte de sir Thomas Blount, intendant de la maison, qui, comme on faisait toujours à la mort du roi,

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