Rym. ii
2. Dunst. 475. Heming. i, 13. Wikes, 411. La tragédie se termina par une ridicule dispute entre les citoyens de Winchester et ceux d'York pour la possession de l'épaule droite du prince. C'était en réalité un point de préséance, et il fut décidé pur le conseil en faveur de Winchester. Wnveiv 238.
CHAPITKE PKEMIEIl. i;j
indigènes, il fortifia les châteaux de Conway et de Carnarvon, et distribua les terres d'alentour aux plus puissants des barons anglais. Mais son grand objet était de concilier et de civiliser. Les traits durs d'un ennemi prirent l'aspect plus doux d'un législateur , qui évitait tout ce qui pouvait choquer sans nécessité les préjugés de ses nouveaux sujets, offrait sa paix et sa protection à tous sans distinction , et leur permettait de garder leurs terres , soumises aux mêmes services par lesquels ils les avaient tenues de leurs princes indigènes. En même temps, pour les détourner de la vie errante à laquelle ils avaient été accoutumés, il établit des corporations de marchands dans les principales villes; et pour réprimer leurs habitudes de violence et de meurtres, il introduisit la jurisprudence des cours anglaises, divisa le pays en provinces et centaines, et publia de nouvelles formes d'édits adaptées aux mœurs et aux tenures galloises1. Peut-être fut-ce un calcul de politique ; mais plus probablement ce fut à cause du séjour prolongé du roi dans le pays , qu'Eléonore accoucha de son lils Edouard dans le château de Carnarvon [25 avril 128A]. Les indigènes réclamèrent l'enfant comme leur compatriote; et lorsqu'il fut ensuite déclaré prince de Galles, ils saluèrent avec joie cette nouvelle comme si elle eut proclamé la restauration de leur indépendance2.
De la pacification définitivo du pays de Galles au commencement des troubles de l'Ecosse, il s'écoula un intervalle de quatre années, dont Edouard passa l'une en Angleterre à faire des lois pour ses sujets , et le reste sur le continent à remplir le difficile mais honorable office d'arbitre entre les rois de France , d'Aragon et de Sicile. Charles d'Anjou avait été quelques années en possession paisible de la Sicile ; elle lui fut dérobée par la ruse de Pierre, roi d'Aragon. Ce prince avait feint d'entreprendre une croisade contre les infidèles, et avait fait voile pour les environs de Tunis : a l'instigation de ceux qui étaient dans le secret, les Siciliens se soulevèrent tout a coup, et massacrèrent tous les Fran-
1. Voyez le Statut um WaWœ, publié dans les Statuts du Royaume, p. 50. Nous y voyons que les anciennes lois des Galles étaient fort dures pour les femmes. Aucun douaire n'était alloué aux veuves , et les filles ne pouvaient hériter des terres de leurs pères. Dans le premier cas , le roi introduisit la coutume d'Angleterre ; dans le second, il permit de partager les terres comme précédemment entre les fils, mais il excepta les bâtards du partage, et décida que faute d'enfants mâles, l'héritage passerait aux femmes. Ibid. p. 57. 11 accorda aussi la preuve par serment de témoin, dans les actions personnelles, mais il l'abolit pour le vol et autres grands crimes. Ibid. 08.
2. "W'als. 52. Trivet, W2C1. Je ne sais rien du massacre des bardes, fiction à laquelle nous devons la ce'.èhre ode de (îrav.
1 i HISTOIRE D'ANGLETERRE.
cais qui se trouvaient dans les cinq cités de l'île, et le roi d'Aragon monta sans opposition sur le trône de Sicile. C'était un acte téméraire et dangereux; quels que pussent être les griefs des indigènes, le sang de huit mille de leurs semblables laissait une tache indélébile sur leur cause et sur celle de leur nouveau monarque. Le pape, qui réclamait la Sicile et l' Aragon comme fiefs de son siège, excommunia les assassins et leur protecteur. Charles, qui conservait encore le midi de l'Italie, appela sous son étendard des aventuriers de tous pays ; et Philippe de France, acceptant du pontife la donation de l'Aragon pour son fils cadet, entra en Catalogne avec une armée de soixante-dix mille hommes. La fortune ou les talents de Pierre lui permirent de résister h ses ennemis. 11 ne tint pas compte de la sentence du pape : il confia la défense de la Sicile a Doria, qui détruisit la flotte française, et fit prisonnier le prince do Salerne , fils de Charles d'Anjou ; et il força Philippe de se retirer précipitamment en France, après avoir perdu une partie de ses troupes dans les Pyrénées. Tandis que la plus grande partie de l'Europe était ainsi bouleversée par l'ambition de ces princes, la même année les rendit a la paix du tombeau [1285]. Philippe III laissa sa couronne à son lils Philippe IV, jeune homme de dix-sept ans; Philippe eut pour successeurs , en Aragon , son fils Alphonse ; en Sicile , son fils Jacques; et le prince de Salerne, héritier de Charles et des prétentions de la maison d'Anjou, était toujours captif au pouvoir de Jacques [1286]. La régence française invita Edouard à remplir l'office de médiateur ; et il ne fut pas difficile de réconcilier Philippe .et Alphonse, qui n'avaient point hérité de l'irritation de leurs pères. D'abord un armistice , puis une paix, se conclurent par les bons offices du roi d'Angleterre [25 juillet]. Obtenir la liberté du prince de Salerne étail une tâche plus rude, et qui coûta a Edouard plusieurs voyages et des négociations réitérées. Elle s'effectua enfin [27 oct. 1288] ; mais à des conditions qui assurèrent h Jacques la possession incontestée de son royaume. Charles, toutefois, lorsqu'il eut obtenu sa liberté, éluda tous ses engagements, fut couronné roi des Deux-Siciles , et chercha à chasser son rival par la voie des armes. L'issue de la lutte aurait pu être douteuse ; mais la mort d'Alphonse laissa h Jacques le trône d'Aragon, et avec les forces réunies des deux royaumes, il fut en état de déjouer tous les efforts de la maison d'Anjou
1. Voyez les longues négociations à ce sujet dans Rvmer, tome il, de la page 317 à la page 470.
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Tandis qu'Edouard s'occupait ainsi des affaires des états étrangers, le peuple anglais se plaignait qu'il négligeât les intérêts do son propre royaume. Un refus de subsides que lit le parlement [12 août 1289], l'avertit de revenir; et il trouva bientôt dans la malheureuse situation de l'Ecosse une ample carrière pour exercer sa politique et son ambition. Sa sœur Marguerite était morto depuis quinze ans. Elle avait donné à son mari, le roi d'Ecosse, deux fils, Alexandre et David, et une fille, Marguerite, mariée à Eric, roi de Norwége ; et Alexandre se consolait de son veuvage par l'espérance de transmettre la couronne a ses descendants eu ligne directe. Mais David mourut en 1281 ; trois ans plus tard, Marguerite, et, un an après Marguerite, le jeune Alexandre, descendirent au tombeau. Leur père affligé, à la requête de sa noblesse, consentit h prendre une seconde femme ; mais peu après son mariage avec Iolette, fdle du comte de Dreux , il périt luimême d'une chute de cheval [16 mars 1286]. La couronne, en conséquence, passa a sa petite-fille, enfant et étrangère, Marguerite, tille du roi de Norwége, Agée d'environ trois ans. Avant la mort d'Alexandre, elle avait été déclarée héritière présomptive : son droit fut maintenant reconnu par les états du royaume; et un conseil de régence fut chargé de remplir en son nom les devoirs de la royauté. Edouard vit que l'occasion était favorable, et résolut de ne pas la perdre. Il était en son pouvoir de réunir les couronnes d'Angleterre et d'Ecosse sur la tête de son fils en le mariant a la jeune reine. Nous ne savons pas s'il suggéra dans l'origine le plan qui fut suivi. Eric nomma d'abord des commissaires [1er avril] pour traiter avec les Ecossais des intérêts de sa fille ; mais pour n'en traiter qu'en présence d'Edouard». Edouard, par ses messagers , requit les régents écossais d'entrer dans les vues du Xorwégien ; et eux, de leur côté, consentirent a la conférence; mais en même temps, connaissant les prétentions du roi à la suprématie sur l'Ecosse, ils limitèrent les pouvoirs de leurs commissaires [3 oct.] par une clause qui exceptait l'honneur et la liberté du royaume, et qui les mettait hors d'état «de faire aucune concession préjudiciable à la couronne ou au peuple d'icelle. »
1. Fourquoi en présence d'Edouard? Parce que, nous dit-on, il était grandoncle de la jeune reine. Cela se peut; mais je soupçonne qu'Kric considérait Edouard comme ayant en Ecosse une autorité qu'il ne pouvait tirer de sa parenté avec Marguerite. Eric réclamait environ 3,000 marcs des Ecossais, et il pria le roi anglais, non pas seulement d'vser de *ow influence auprès des rcgeats de l'Ecosse, comme on l'a ingénieusement traduit,' mais de leur donner
tes ordres pour qu'Us lui payassent ce qui lui était du. Quutenus custodibus
dare velitis in mandati*. tfew Rym. i, 732.
Ih IIISTOIKE h'ANGLKTKKBK.
Leurs précautions, quoique exc usables, n'étaient pas nécessaires. Edouard n'était pas homme à compromettre son dessein par des mesures indiscrètes , et il s'abstînt soigneusement de présenter aucune réclamation qui pùt exciter la défiance ou la crainte. Dans les conférences de Salisbury [6 nov.], après maints longs et orageux débats, il fui convenu de la part d'Eric, que, d'ici à un an, il enverrait sa tille en Angleterre, libre de tout contrat "de mariage ; de la part d'Edouard, qu'il la remettrait également libre à ses sujets sur leur réquisition , pourvu que l'état de l'Ecosse fut tel que , selon lui , elle y pût résider en sûreté et avec honneur; et de la part des Ecossais, qu'ils s'engageraient, sous caution suffisante, a ne la marier à qui que ce fût, « que par les disposition, volonté et conseil du roi d'Angleterre , et avec l'assentiment du roi de Norwége1. Edouard avait déjà envoyé des messagers à Rome. Us ne lardèrent pas a revenir [16 nov. 1290] avec la dispense du pape pour le mariage du prince Edouard avec sa cousine Marguerite; elles commissaires anglais et norvégiens, quand ils s'abouchèrent avec le parlement écossais à Brigham, sur la frontière [17 mars], décidèrent ce corps à faire la première proposition de ce mariage par écrit h Edouard et à Eric. Tous deux l'acceptèrent gracieusement, et Edouard agréa volontiers [17 juillet] les requêtes des Ecossais, dont les principales étaient que les lois, droits et coutumes du peuple écossais seraient maintenus; que l'Ecosse resterait « un royaume séparé, distinct, libre, et sans sujétion, dans ses anciennes limites; » et que si l'une des deux parties mourait sans enfants de ce mariage, le royaume serait restitué pleinement, librement, absolument et sans sujétion, h l'héritier légitime. Afin toutefois qu'on ne pût supposer qu'il abandonnait par ces dispositions ses prétentions à la suprématie féodale, une protestation fut ajoutée, portant que rien dans ce traité ne devait être expliqué de manière a ajouter ou ôter aux droits antérieurs d'aucun des deux monarques ou royaumes2. Toutes les difficultés maintenant étaient aplanies; mais cette perspective si flatteuse pour les espérances des deux royaumes, si essentielle à leur prospérité, s'évanouit promptement. La vierge de Nonvége (comme on l'appelait) était d'une constitution trop délicate pour supporter les fatigues du voyage , et elle fut forcée de débarquer dans
1. Fors par sun ordeynement, volonté et son consayl. New Rym. i, 720.
2. New Rytn. i, 721, 730, 735. Protestamur etiùm quod onmia prEemissa taliter intelligantur, ouod juri unius regni vel alterius ratione prœsentis facti nihil decrescat aliqualiter, vel accrescat. 736. Comparez ce passage avec « Findication of Independence of Scotland, * p. 12.