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ainsi que plusieurs chevaliers et gentilshommes, furent inopinément arrêtés pour avoir comploté de déposer le roi et de replacer sur le trône son père, à la mort duquel ils ne croyaient pas. Quel était le crime du comte? s'était-il opposé aux mesures d'Isabelle et de Mortimer ? ou avait-il éveillé leur jalousie par son influence sur l'esprit de son neveu ? nous F ignorons ; mais d'après son aveu et les procédures qui suivirent, il est clair que l'infortuné prince était entouré des agents secrets de la cour, qui , sous le masque de l'amitié, l'attirèrent dans le piège qui lui coûta la vie. Il reçut des lettres du pape, indubitablement forgées, l'exhortant a délivrer son frère de prison : différents messagers , la plupart moines apostats, lui apportèrent, de la part de plusieurs prélats et gentilshommes, des promesses de coopération et d'assistance ; on lui assura que les exilés en France et un corps d'Ecossais étaient prêts à tirer l'épée en sa faveur, dès qu'il déploierait l'étendard royal ; et sir John Maltravers , Deverel et Boeges de Bayonne, non-seulement l'encouragèrent dans l'idée que le dernier monarque vivait encore , mais obtinrent même de lui des lettres qu'ils se chargèrent de délivrer au royal captif. Lorsqu'il fut interrogé par sir Robert Howel, coroner de la maison du roi, il avoua ingénument ces particularités, et reconnut que les lettres qui, dès qu'on les avait reçues, avaient été portées à la reine, étaient écrites en partie par lui-même , et en partie par sa femme sous sa direction. Quand il fut traduit devant les pairs, il répéta ses aveux, et s'abandonna h la merci du roi. Quoiqu'on l'eût condamné à subir la peine des traîtres , on croyait que sa naissance le sauverait du châtiment. Mais Isabelle fut inexorable : le fils du grand Edouard fut conduit, par l'ordre de son neveu, au lieu de l'exécution , et après quatre heures de douloureuse attente , un criminel de la Marshalsea (on ne put trouver personne autre pour remplir cet office) consentit, sous promesse de pardon, à lui abattre la tête 1 [21 mars].
L'innocence réelle du comte fut plus tard reconnue par Mortimer lui-même, quand ce seigneur a son tour fut mené à l'échafaud 2 ; et il n'est pas probable que la cour eût osé répandre son sang, s'il ne se fût rendu impopulaire par sa conduite hautaine et tyrannique3. La nation soupçonna qu'il avait été sacrifié à la po-
1. Wals. 129. Rym. îv, 1-21. Lel. Coll. 17*», ,v»2. Murim. 74. Heming. 271.
2. Voyez les pétitions de la comtesse de Kent et de son fils. Pari. il. 33, 55. Tous deux disent que Mortimer demanda publiquement pardou à Dieu de la mort du comte.
3. Eo minùs à populo querebatur, quia piavam habuit farailiam . res popula-