‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 125 sur 563 · Rvni. v · texte numérisé non relu

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m HISTOIRE D'ANGLETERRE.

roi de France avant d'être en possession d'aucune pat tie de ce royaume; qu'à moins que les héritiers des femmes n'eussent qualité légale pour hériter de la couronne, il ne pouvait avoir aucune prétention ; et que s'ils Pavaient, il existait encore des personnes, issues des filles de ses oncles, qui en étaient plus près et dont par conséquent le droit était meilleur ; qu'en faisant hommage à Philippe de Valois, il avait reconnu le titre de ce prince, et qu'en le prenant lui-même, il irritait tous les Français de naissance; qu'arracher par la force le sceptre à son rival, était, dans l'opinion de tout juge indifférent, une entreprise impraticable; et que l'événement lui prouverait la perfidie de ses alliés, qui, une fois qu'il aurait épuisé ses trésors, le laisseraient obtenir les meilleures conditions qu'il pourrait d'un adversaire exaspéré et puissant i.

Mais aucun argument ne put convaincre l'ambition d'Edouard. [21 février.] Afin de se procurer de l'argent pour le payement de ses dettes et les dépenses d'une autre campagne, il se détermina a revenir en Angleterre, et laissa la reine à Gand comme gage de son prompt retour. Il obtint de son parlement [29 mars] le subside, sans précédent, du neuvième agneau, de la neuvième toison et de la neuvième gerbe 2, avec un droit additionnel sur l'exportation des laines pendant deux ans; et il se préparait à remplir son engagement, lorsqu'il reçut avis que Philippe, pour lui couper le passage, avait réuni, à l'aide des Génois et des Normands, une flotte considérable dans le havre de Sluys. Le roi rassembla immédiatement tous les navires des ports du sud, et déclara son intention d'aller chercher l'ennemi et de le combattre. L'opposition et les instances de son conseil furent méprisées. « Vous conspirez tous contre moi! s'écria-t-ii. J'irai : ceux » qui ont peur peuvent rester chez eux. » Il partit d'Orwell avec une flotte brillante [22 juin], et le lendemain soir, à la hauteur de Blakenberg, il découvrit, par-dessus une langue de terre, la forêt de mâts qui occupait le port. On mit à terre trois chevaliers qui rapportèrent à leur retour qu'ils avaient compté dix-neuf voiles de dimension extraordinaire, deux cents vaisseaux de guerre et un plus grand nombre encore de petits bâtiments. Durant la nuit, les ennemis changèrent d'ancrage, et au lever du soleil, on les découvrit mouillés sur quatre ligues en travers du

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