‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 131 sur 563 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

rent avant lui; mais Guy avait laissé une fille, Jeanne, qui, comme le duc n'avait pas d'enfants, était considérée par son oncle et par les états comme héritière présomptive du duché, et comme telle avait été mariée à Charles de Blois, neveu du roi de France 1 . [30 avril.] Mais lorsque Jean lui-même mourut, Montfort réclama la succession, se saisit des trésors du feu duc, prit possession des

hommage à Edouard, comme roi d'Angleterre et comme son souverain2 [7 sept.]. La cause néanmoins fut portée devant le tribunal légitime , devant les pairs de France , et le duché fut adjugé par eux à Charles de Blois, du chef de sa femme. Le roi do France envoya immédiatement en Bretagne des forces considérables sous les ordres de son fils et de son neveu ; le roi d'Angleterre arma pour secourir son vassal. Il est difficile de justifier la conduite d'Edouard en cette occasion ; car, s'il admettait la prétention de Montfort à l'exclusion de Jeanne, il aurait dû admettre aussi le droit de Philippe à la couronne de France, à l'exclusion d'Isabelle et de sa postérité. Philippe était plus conséquent; car, par les lois de la monarchie, quoique les femmes ne pussent hériter du trône, elles pouvaient succéder aux fiefs aussi bien que les hommes.

Le commencement de la guerre fut favorable à Charles , qui , par trahison ou surprise, se rendit maître de Nautes et de la personne de son rival [oct.]. Mais la cause de Monfort se soutint , grâce au courage et à la persévérance de sa femme, Jeanne, sœur du comte de Flandre. Dès qu'elle apprit la captivité de son mari, elle présenta son fils en bas âge aux citoyens et a la garnison de Rennes, et les exhorta à prendre en main les intérêts de cet enfant, seul descendant mâle, outre* son père, de leurs anciens princes. Touchés de ses larmes, de sa beauté, de son éloquence, et peut-être encore plus de ses largesses, ils jurèrent de vivre et mourir à son service : l'enthousiasme se répandit dans les villes voisines, et les intérêts de Charles parurent avoir perdu plus que gagné à la captivité de son compétiteur. Pendant l'hiver, Jeanne se retira dans la forteresse d'Hennebon , envoya son fils pour plus de sûreté en Angleterre, et sollicita instamment des secours d'Edouard. Au printemps [mars 1342], Charles investit la forteresse avec une armée nombreuse , et l'héroïne , a cheval et en

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