CHAPITRE TROISIÈME
cèreut en morne procession vers le camp anglais. Edouard ordonna de les recevoir, leur lit servir un abondant repas, et, à leur départ, leur distribua h chacun deux pièces d'argent l. Mais la garnison commença à sentir les privations de la disette, tandis que les assiégeants recevaient deux fois par semaine d'abondantes provisions de Flandre et d'Angleterre : on fit une nouvelle enquête, et cinq cents habitants do plus furent mis hors des portes. Si Vienne comptait de nouveau sur l'humanité d'Edouard, son espoir fut déçu. Les lignes anglaises leur furent fermées, et les infortunés, sans vivres ni abri, périrent misérablement entre les murs et le camp. Philippe ne négligea pas les moyens qui étaient en son pouvoir pour secourir une forteresse si importante. Pendant l'hiver, deux flottes chargées d'hommes et de provisions tentèrent d'entrer dans le port. L'une y réussit; Tautrc fut prise. Au printemps, il ordonna a tous ses vassaux de le rejoindre à la Pentecôte, et, prenant avec lui l'oriflamme, l'étendard sacré de la France , il alla camper a Wissant avec cent cinquante mille hommes2 [27 juillet 1347 j. Il n'y avait que deux routes par lesquelles il fut possible d'approcher des Anglais, le long du rivage, ou, au delà des marais, par le pont de Nieulay. La première était bordée de vaisseaux sur lesquels étaient postés plusieurs milliers d'archers; le' pont était extrêmement fortifié, et confié aux soins du comte de Derby : 1 en ter l'un ou l'autre passage eût probablement amené la perle des assaillants. Des propositions de paix furent faites et refusées à toute autre condiiion que la reddition immédiate de Calais. Philippe eut recours à l'expédient de défier Edouard à une bataille générale 3 [31 juillet]. L'orgueil du roi fit . laire sa prudence : il accepta le défi ; mais le monarque français, pour qui la défaite de Crécy était une leçon, se retira la veille du jour qui avait été fixé [2 août]. Dès qu'il fut parti, on vit flotter