‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 139 sur 563 · Froissart, c · texte numérisé non relu

Froissart, c

2. Un messager par mer fut pris porteur d'une lettre des assiégés à Philippe, oit ils déclaraient qu'ils avaient mangé leurs chevaux, leurs chiens et tous les autres animaux qu'ils avaient pu se procurer, et qu'il ne leur restait plus qu'à se manger les uns les autres. Ils lui assuraient que s'il ne les secourait pas bientôt, ils avaient résolu d'attaquer l'ennemi et de mourir avec honneur sur le champ de bataille, plutôt que de périr de faim dans la ville, et ils terminaient en souhaitant que Dieu lui fit la grâce de pouvoir reconnaître envers eux et leurs héritiers ce qu'ils avaient souffert pour son service. Cette lettre, qu'Avesbury et Knjghton ont conservée, fut envoyée par Edouard à son adresse. Knyght. 2593. Avesb. 157.

3. Froissart nous donne un dialogue très-intéressant entre Edouard et les porteurs du cartel (c. 143). C'est probablement une fiction. L'historien nous dit que le roi refusa le cartel ■ le roi lui-même prétend qu'il l'accepta. Avesb. 165.

HISTOME D'ANGLETEHKE.

sur le château les armes d'Angleterre, écartelées des lis avec les lions 1 [3 août]. Ce fut en^vain, toutefois, que le gouverneur sollicita des termes de capitulation. Edouard insista pour qu'il se rendit à discrétion ; et les habitants, qui savaient que le roi avait exprimé la résolution de punir leurs habitudes de piraterie , et que son ancienne inimitié s'était aigrie par l'opiniâtreté de leur résistance , reçurent cette réponse avec un sentiment de désespoir. Ils se rassemblèrent sur la place du marché pour se consulter ; et la tristesse commune fut dissipée par le dévouement généreux d'Eustacho de Saint-Pierre, qui offrit de risquer sa vie pour le salut de ses concitoyens. Cinq autres imitèrent son exemple, et la procession se rendit au camp anglais [4 août]. Vienne était en tête, monté sur un palefroi, a cause de ses blessures : quinze chevaliers suivaient tète nue , et leur épée la pointe vers la terre ; puis venaient les six habitants de la ville, pieds et tète nus, et la hart à la main. Edouard les reçut d'un air sévère. Le gouverneur lui présenta son épée et les clefs de la ville ; et, se joignant a ses compagnons d'infortune, il implora a genoux la miséricorde du vainqueur. Le roi affecta d'être inexorable, rejeta l'intercession de ses barons, envoya chercher l'exécuteur, et s'il finit par céder, ce fut avec une répugnance apparente, et aux pleurs et prières de la reine Philippa. Les prisonniers furent remis à la disposition de leur belle protectrice, qui les fit habiller, les invita à un repas abondant, et, à leur départ, leur fit à chacun présent de six nobles2. C'est ainsi que Calais fut enlevé à la couronne de France après un siège d'une année. Pour assurer sa conquête , Edouard explusa ceux des habitants qui refusèrent de jurer fidélité au roi d'Angleterre 3, et repeupla la ville avec une colonie de ses sujets. En pou de temps elle devint très-riche : on en fit le marché général pour la vente des marchandises exportées d'An-

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