‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 140 sur 563 · Knyght. 2504. Avesb · texte numérisé non relu

Knyght. 2504. Avesb

9. Froissart (o. 144) a donné à cet iucident un effet très-dramatique, mais, j'ai peur, sans beaucoup d'égards pour la vérité. Jai choisi dans sa narration les circonstances qui paraissent le plus en harmonie avec les assertions des autres écrivains, qui nous informent simplement qu'il arriva dans cette occasion ce qui arrivait dans la plupart des occasions semblables, c'est-à-dire qu'une deputation de chevaliers et de citoyens, dans une allure de criminels, implorèrent et obtinrent la merci du roi. Je dois pourtant faire observer que même dans Froissart il n'y a rien qui prouve qu'Edouard eût dessein de mettre ces hommes à mort : au contraire, il remarque que le refus du roi de leur accorder merci fut accompagné d'un coup d'oeil à sa suite, qui, sil signifiait quelque chose, devait signifier qu'Edouard n'agissait pas sérieusement.

3. Philippe eut soin de pourvoir aux besoins des exilés, et leur donna de préférence le» offices vacants dans ses états. Spondan. 488.

CIIAPITKE TROISIÈME. Is7

gleterre 1 ; et elle continua de prospérer pendant plus de deux siècles sous la protection de celui qui Pavait conquise et de ses successeurs.

Les écrivains n'ont pas toujours suffisamment apprécié les avantages que l'humanité retirait de l'influence pacifique des pontifes romains. A une époque qui ne prisait d'autre mérite que celui des armes, l'Europe eût été plongée dans une guerre perpétuelle, si les papes n'eussent travaillé incessamment à conserver ou à rétablir la paix. Ils gourmandaient les passions, et réprimaient les prétentions extravagantes des souverains; leur caractère, comme père commun des chrétiens, donnait à leurs représentations un poids que celles d'aucun autre médiateur ne pouvait avoir; et leurs légats n'épargnaient ni courses ni fatigues pour concilier les intérêts opposés des cours, et interposer l'olivier de la paix entre les glaives des armées rivales. Dès que la guerre se ralluma entre Edouard et Philippe, Clément recommença ses efforts pacifiques; pendant deux ans il ne cessa de prier, d'admonester, de réprimander ; la violence et l'obstination de ses enfants à faire la guerre n'épuisèrent par sa patience ; et aussitôt que l'armée française eut atteint Wissant, les cardinaux de Naples et de Germon t offrirent leurs services pour prévenir l'effusion du sang. Mais Philippe refusa de livrer une ville qui bravait depuis si longtemps la puissance de son adversaire, et Edouard ne voulut pas renoncer au prix qu'il se promettait de sa persévérance dans un siège aussi pénible. Lorsque Calais eut succombé, les légats renouvelèrent leur offre : les deux rois étaient disposés a accepter un répit momentané ; et un armistice [28 sept.], qui se conclut pour quelques mois, fut, sur les instances réitérées du saint-siége, prolongé graduellement de six années2. Ce temps de relâche était nécessaire au roi de France pour pouvoir relever ses iinances et le courage de son peuple ; il fut agréable au roi d'Angleterre qui pouvait maintenant se reposer avec satisfaction sur les lauriers qu'il avait moissonnés. Les victoires de Crecy et de Nevil's Cross avaient établi la réputation

1. Rym. v, 018. Parmi ceux qui jurèrent Gdélitc à Edouard l'ut ce même EusT tache de Saint-Pierre, dont Froissart a si fort embelli le caractère. Le roi lin donna la plus grande partie de ses anciennes propriétés et y ajouta d'autres terres: et lui, de son côte, se chargea par son influence de maintenir en paix la population indigène. A sa mort, en 1351, ces donations retournèrent a la couronne, parce que ses héritiers refusèrent de reconnaître Edouard pour leur souverain, voyez jfrequigny, Mém. de l'Acad. xxxvn, 037.

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