‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 141 sur 563 · Rym. v, 583. New Rym. m · texte numérisé non relu

Rym. v, 583. New Rym. m

188 HISTOIHE D'ANGLETERRE.

des Anglais, et élevé leur souverain au premier rang parmi les princeé de l'Europe : deux de ses principaux antagonistes, David, roi d'Ecosse, et Charles de Blois, duc de Bretagne *, étaient ses prisonniers; et non-seulement il avait conservé ses anciennes possessions, mais il y avait même ajouté la ville et le port de Calais, parage important pour sa marine, et qui lui donnait accès sur le territoire de son rival.

Durant l'armistice, Edouard n'hésita point a embrasser deux occasions de déployer ce courage personnel qui était la première qualité requise dans un vrai chevalier. Amerigo de Pavie, quoique Italien, tenait une place distinguée dans l'estime du roi, qui lui avait confié non-seulement le commandement de sa flotte, mais la garde de sa dernière conquête, la ville de Calais. Sire Geoffroi de Chargny, gouverneur français de Saint-Omer, tenta la fidélité d'Amerigo par l'offre de vingt mille couronnes. L'Italien accepta la proposition, dans l'intention non de trahir son serment, mais de punir l'homme qui cherchait a souiller son honneur ; et il fut convenu que, sur le reçu de l'argent, des troupes françaises seraient secrètement introduites dans le château la dernière nuit de l'année. Edouard, qui était dans le secret, arriva, et débarqua dans l'obscurité avec trois cents hommes d'armes et six cents archers [31 déc. 1368] : a l'heure marquée, un messager du gouverneur de Saint-Omer fut admis et paya l'argent, et a minuit douze chevaliers français et cent hommes d'armes furent introduits par une poterne dans la cour du château. Aussitôt on les entoura et on s'assura d'eux ; et les Anglais, sous la conduite de sir VValter Manny, attaquèrent Chargny, qui avait fait halte près de la porte de Boulogne. Le Français fit une vaillante mais inutile résistance ; la garde qu'il avait posée au pont de ftieulay fut culbutée; et la retraite lui étant coupée, il se rendit avec tous ses compagnons. Edouard, dans cette échauffourée, avait combattu à pied comme un simple chevalier, sous la bannière de Manny, et avait failli payer cher sa témérité. Il avait choisi pour antagoniste sir Eustache de Ribeaumont, guerrier d'une valeur distinguée ; il reçut deux coups sur son casque, qui deux fois le firent tomber à genoux; mais Use releva à l'aide de son bouclier, et finit par se rendre maître de son adversaire. Ce ne fut que lorsque les prisonniers eurent été amenés dans ce

1. Il avait été surpris dans sa tente au siège de Roche-Dérien. Mais la guerre fut continuée en Bretagne par deux femmes, son épouse et la duchesse de Montfort. Frois. c. 141.

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