‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 142 sur 563 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

château, que le roi se découvrit [1er janvier 13/i9j. Il les invita à souper avec lui, les fit servir par le prince de Galles et les chevaliers anglais ; et après souper, se levant de table, il ôta de sa tête un chapelet do perles fines, il le plaça sur celle de Ribeaumont, et accompagna ce présent de grands éloges. « (Test à vous, sire » chevalier, dit le roi, que j'adjuge le prix de la valeur dans Fac- » tion de ce matin, et je vous prie de porter mon chapelet toute » Tannée pour l'amour de moi. Partout où vous irez, dites aux » dames qu'il a été donné par le roi d'Angleterre au plus brave » des chevaliers.» Ribeaumont fut relâché immédiatement ; Chargny et ses compagnons payèrent pour leur liberté des rançons proportionnées à leur rang *.

Dans une autre occasion, l'esprit chevaleresque d'Edouard exposa sa vie à un plus grand danger, sans que sa témérité fût mieux motivée. Les ports espagnols de la baie de Biscaye étaient habités par une race de marins robustes et aventureux, renommés pour leurs connaissances nautiques et leurs entreprises commerciales , et en tout temps avides de déployer leur animosité contre les matelots anglais, leurs principaux compétiteurs sur TOcéan. Les vaisseaux de ces ports, réunis pour leur défense commune, formaient une flotte considérable, et avaient remonté la Manche jusqu'au port de Sluys, sous le commandement de don Carlos de la Cerda. Leur principal objet était de trafiquer avec les villes commerçantes de Flandre; mais sûr leur passage ils avaient commis maint acte de piraterie; et lorsqu'on les menaça de représailles, ils prétendirent hardiment à la domination des mers, et délièrent la vengeance de ceux qu'ils avaient lésés. La Cerda, toutefois, prévoyant les conséquences probables de cet te réponse, eut la prudence d'approvisionner ses bâtiments de munitions de guerre, et par des offres considérables attira sur son bord nombre d'aventuriers militaires. Edouard résolut de châtier l'insolence des Espagnols; et ne voulant pas céder la gloire a ses capitaines, il prit lui-môme le commandement de la flotte 2. Avec cinquante voiles (mais les navires anglais comme tonnage et équipement étaient bien inférieurs à ceux des Espagnols), il croisa trois jours entre Douvres et Calais. H était assis sur le gaillard d'avant, vêtu

1. Comparez Froissart, c. 148, 149, avec Avesbury, 180. Chargny apprenant plus tard que l'Italien habitait sans aucune garde son château de Fretun, qu'Edouard lui avait donné, l'y surprit un matin, l'emmena à Saint^-Omer, et le lit mettre à mort sur la place du marché. Froissart de Johnes, 262.

Page 1