Rym. v
d'une jaquette de velours noir, et s amusait avec ses ménestrels. Enfin l'approche de l'ennemi fut annoncée du haut du mât. Aussitôt les trompettes sonnèrent ; la ligne fut forméo ; et le roi et ses chevaliers, ayant bu un verre de vin, mirent leur armure. Les Espagnols, qui avaient le vent pour eux, auraient pu éviter un engagement; mais ils dédaignèrent de changer de route, et arrivèrent sur leurs adversaires [29 août]. Le combat fut opiniâtre et douteux. Edouard força le capitaine de placer son vaisseau sur le chemin d'un bâtiment qui voguait a pleines voiles. Le choc ouvrit plusieurs voies d'eau, et l'équipage ne pouvait la pomper aussi vite qu'elle entrait : le roi, uniquement préoccupé du combat, ne s'aperçut pas du danger ; mais les gens de sa suite faisant pour sauver leur vie un effort hardi et désespéré, montèrent à l'abordage et prirent le vaisseau ennemi.-Le prince de Galles se trouva dans une situation encore plus dangereuse. Son bâtiment était sur le point de sombrer, quand le comte de Derby, récemment créé duc de Lancaster, vint à son aide et l'arracha aux flots. Dans la soirée, on était maître de quatorze des vaisseaux espagnols; mais l'avantage avait été chèrement acheté par la perte de beaucoup de chevaliers de distinction et de plusieurs navires. Edouard débarqua en triomphe a Winchelsea, et fut reçu avec joie par la reine, dont les serviteurs avaient observé des hauteurs le commencement et les progrès de la bataille1. Les gens de la Biscaye ne s'effrayèrent pas de leurs pertes; mais on s'aperçut bientôt que la querelle était également préjudiciable aux intérêts des deux parties ; et une trêve do vingt ans fut conclue à Londres entre le roi d'Angleterre et les « villes maritimes de la seigneurie du roi de Castille [1er août 1351]. »
Les victoires qui avaient fait tant d'honneur a Edouard, avaient coûté, dit-on, la vie h cinquante mille Anglais; mais le souvenir de cette perte fut presque effacé par le malheur auquel l'île fui bientôt en proie, une peste aussi générale et aussi destructive qu'aucune de celles dont il est question dans l'histoire. Nous la découvrons d'abord dans l'empire du Cathai ; de la nous suivons sa marche h travers différentes provinces d'Asie jusqu'au Delta et aux rives du Nil ; un vont du sud la transporta en Grèce et dans les îles grecques, d'où elle ravagea les côtes de la Méditerranée, dépeupla l'Italie, et franchissant la barrière des Alpes, pénétra en France. Une succession de tremblements de terre, qui ébranlèrent le continent d'Europe depuis la Calabre jusqu'au nord de