CHAPITRE QUATRIÈME
avec leurs rançons. A Nevil's Cross le roi d'Ecosse, à la bataille de Poitiers le roi de France, étaient tombés aux mains de deux obscurs individus qui, sur Tordre de leur souverain , remirent leurs captifs, et acceptèrent avec reconnaissance la rémunération qu'il leur assigna K S'il eût encore nourri le projet chimérique de conquérir ces deux royaumes, il n'eût pas consenti a en relâcher les monarques; mais il résolut de tirer de plus solides avantages de ses victoires, et il entra volontiers en négociation sur le taux et les conditions de leurs rançons. David avait été le premier à perdre sa liberté, et il resta onze ans prisonnier de son beau- frère. [1351.] Il eut la permission de se rendre en Ecosse pour conférer avec ses sujets; mais les demandes d'Edouard étaient élevées; les Ecossais étaient pauvres et obstinés, et l'infortuné prince, après plusieurs tentatives infructueuses, revint à sa prison. Trois ans plus tard [13 juillet 1354], une autre négociation fut ouverte : la rançon de David fut fixée à 90,000 marcs, payables en neuf ans, par portions égales: Edouard confirma le traité [5 oct.] ; on prit jour pour l'exécution, et on nomma des commissaires qui devaient rendre la liberté au roi et recevoir des otages pour le payement de la somme 2. A son cruel désappointement, le roi de France, son ami et son allié , dépêcha un envoyé en Ecosse avec pouvoirs de conclure un traité, et chargé de distribuer 40,000 couronnes parmi la noblesse. C'était une chétive somme; mais l'argent était un argument auquel la pauvreté écossaise ne pouvait résister. Le parlement abandonna le roi, refusa de donner des otages pour son élargissement, et s'engagea à faire la guerre à l'Angleterre 3.
Mais l'expédition d'Edouard à Haddington et h Edimbourg apprit aux Ecossais h douter des avantages de leurs engagements avec la France, et ils consentirent à s'aboucher avec les commissaires anglais pour traiter de la délivrance de leur roi et d'une alliance perpétuelle entre les deux couronnes [ 12 juillet 1357].
1. Ainsi Coupland céda le roi d'Ecosse, et reçut avec le rang de banneret, des terres d'une valeur annuelle de 000 1. Rym. III. 549. Morbecque lut moins heureux. Quoique le roi de France déclarât qu'il était prisonnier de Morbecque qui céda son droit à Edouard (Rym. vi, 7*2), une action lui fut intentée par un ecuyer, Bernard de Troie, qui soutint que c'était lui qui avait pris le roi (Rym. vi, 154). Morbecque mourut avant que la cause fût décidée à la cour du marecnal. Edouard prêta de temps à autre assistanre aux agents de Troie pour poursuivre l'affaire ^Rym, vi, 501), 510), mais nous n'en connaissons pas l'issue.