‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 158 sur 563 · Ford, xiv · texte numérisé non relu

Ford, xiv

20i HISTOIRE D'ANGLETERRE.

Toutefois leur partialité pour les Français les engagea a traîner les négociations en longueur : pendant trois mois ils opposèrent des difficultés, demandèrent des explications et suggérèrent des expédients qu'ils retirèrent ; mais la victoire de Poitiers les fit sortir de leur apathie, et ils devinrent aussi empressés h faire leurs propositions, qu'ils avaient jusqu'alors été lents a accepter celles d'Edouard. Enfin il fut convenu [3 ocÊ. ] que « sire David , roi d'Ecosse » (c'était la première fois qu'Edouard consentait à l'appeler ainsi), serait mis en liberté aux conditions suivantes : durant les dix années subséquentes il y aurait une trêve entre les deux puissances; le roi d'Ecosse payerait au roi d'Angleterre cent mille marcs en vingt échéances de six mois en six mois; et faute de payement h l'un des termes, David se reconstituerait prisonnier dans les trente jours qui suivraient l'échéance. Le prince écossais jura sur les Evangiles d'observer fidèlement ces clauses, et pour plus de sûreté il nomma pour otages vingt héritiers des principales familles du royaume, avec neuf comtes, dont trois devaient rester tour a tour au pouvoir du roi d'Angleterre. Edouard toutefois ne se contenta pas de ces garanties, et les députés des prélats écossais , des barons et des bourgeois, souscrivirent en particulier [5 oct. j des obligations par lesquelles ces ordres séparément, et tous les membres individuellement, se rendaient responsables du payement de la totalité et de chaque partie de la somme stipulée parle traité. David reçut immédiatement sa liberté et retourna dans son pays 1 [1er nov.].

Mais les Ecossais découvrirent bientôt qu'il n'était pas en leur pouvoir de remplir leurs engagements. Après deux payements, ils s'arriérèrent : Edouard se plaignit, ils firentdes excuses qui d'abord furent acceptées; mais ses besoins le rendaient impatient, et pendant huit ans l'amitié des deux couronnes sembla perpétuellement sur le point d'être rompue. Ce n'était pas que David ne voulût pas satisfaire à ses obligations, mais il ne le pouvait pas. Il rendit plusieurs visites à son beau-frère, et dans une d'elles ils tombèrent d'accord que s'il mourait sans enfants, le roi d'Angle- •

1. Rym. vi, 31, 33-38, 10-01. Murim. 111. Depuis, excepté dans le traité pour l'union des deux couronnes, Edouard ne lui donna jamais le titre de roi d'Ecosse, mais l'appela notre cher frère sire D tvid de Brus, ou d'Ecosse. Robert, successeur de David, se plaignit; m us la seule satisfaction qu'il obtint fut une déclaration que l'omission du litre n'invalider lit pas les quittances données pour le payement de la rançon [Roi. Scot. î, !).>)). Tant par Edouard que par Richard II, Robert est toujours designé dans les documents officiels comme chef d'un parti «•n Ecosse * le noble et puissant prince Robert, notre rbier eousvn d'Escossa, et

les grantz de sa partie. •> Ibid. n, 13, .'»7.

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