Rym. ii. 512-580. Rot. Scotix i, 1. Lanercost
tt HISTOIRE D'ANGLETERRE.
tion délicate et dangereuse qui pouvait entraîner des maux sérieux, et qui touchait aux intérêts d'une foule d'ecclésiastiques et de laïques. Il ne pouvait approuver aucune mesure susceptible de léser les droits des individus, et en particulier « le droit que l'Eglise romaine avait elle-même sur le royaume d'Kcosse l. » Cet échec n'arrêta point l'ambition d'Edouard, qui, h l'époque fixée , Se hâta d'aller à Berwick recevoir le rapport du conseil [2 juin]. Mais ses membres, divisés par des intérêts de parti ou par des vues personnelles, et embarrassés par le nombre des compétiteurs et la multiplicité des plaidoiries, n'avaient pris aucune détermination. Pour abréger les travaux, il leur ordonna de borner en premier lieu leur attention aux cas de Baliol et de Bruce, et quand ils auraient réglé les prétentions de ceux-ci, de revenir à celles des autres postulants. Après un intervalle de quatre mois [14 oct.], les délégués parurent devant le roi dans un parlement des deux nations tenu au même lieu, et en réponse à leur demande d'instructions, il leur fut dît que la succession à la couronne était régie par les mêmes lois que la succession aux comtés, baronnies et autres tenures communicables. Baliol et Bruce comparurent alors devant eux. Ce dernier soutint qu'en ce qui regardait l'hérédité des sujets, le premier né pouvait être préféré aux autres; mais que dans la succession d'un royaume, héritage communicable, la prérogative de primogéniture devait par la loi de nature céder à la proximité du sang; qu'il était d'uu degré plus proche parent que Baliol, de David, leur ancêtre commun ; que Dervorgild, mère de Baliol, qui avait résigné ses droits à son fils, l'était bien au même degré que lui; mais que lorsque la proximité du sang était égale, l'homme était toujours préféré à la femme. Baliol prétendit au contraire que , par les loi et coutume d'Ecosse, toutes les fois que l'héritage était indivisible, il descendait a tous les héritiers de la branche aînée, avant de passer <i aucun de ceux de la branche cadette, et qu'en conséquence, puisqu'il était issu de Marguerite, la sœur aînée, et Bruce d'Isabelle, la soeur cadette, son titre était préférable à celui de son compétiteur2.
1. Nolentes quoque aliqUorum juri , et specialiter juri quod in regno ipso romana habet ecclesia, derogari. Apud Raynald, n, 456.
2. Rym. 581-586. Pour faciliter cette enquête, Edouard ordonna que toutes le* archives et les documents « relatifs au droits du postulant au rojaume d'Ecosse,» fussent portés à Berwick (qui, il faut se le rappeler, était dans ce royaume) pour l'usage des délégués. Plusieurs écrivains écossais ont prétendu qu'au lieu de les rendre , il transporta toutes les archives écossaises à West-