CHAPITRE PREMIER
Les délégués alors firent leur rapport, et Edouard le soumit au parlement uni des deux nations. Pour simplifier la chose, on posa la question abstraite de savoir si la couronne descendait dans l'ordre de naissance, ou si elle était héréditaire par proximité du sang. La réponse fut unanime en faveur de la primogéniture [6 nov.] — décision fatale aux prétentions de Bruce. Deux des compétiteurs, Comyn et Mandeville, n'avaient pas donné suite à leurs prétentions; les arguments des huit qui restaient occupèrent les onze jours suivants; et le 17 novembre, après une enquête qui avait duré dix-huit mois, le jugement fut rendu au nom du roi, sur lavis et avec le consentement des prélats, des barons et des communes des deux royaumes. La retraite ou la non-cornparution des autres avait réduit le nombre des postulants à trois, Baliol, Bruce et Hastings, et les deux derniers s'étaient réunis pour demander un partage du royaume, se fondant sur ce que l'héritage de David devait être divisé entre les descendants de ses trois filles. Mais il fut décidé que le royaume et ses aubaines étaient indivisibles, et qu'en conséquence, John de Baliol, héritier de D.ivid par sa fille atnée, le recouvrerait et en aurait la saisine ainsi que de toutes ses appartenances !.xLa régence fut dissoute [19 nov.], les châteaux royaux furent remis à Baliol, et ce prince jnra fidélité à Edouard en ces termes [20 nov.] : « Entendez ceci, monseigneur Edouard, roi d'Angleterre et seigneur suzerain du royaume d'Ecosse, quê moi,- John de Baliol, roi d'Ecosse, je vous fais serment de fidélité pour le royaume d'Ecosse, que je tiens et prétends tenir de vous; que je vous serai fidèle et loyal, et que foi et loyauté je vous garderai de vie et membre, et honneur mondain, contre tous hommes qui • peuvent vivre et mourir, et que je veux loyalement reconnaître et loyalement accomplir les services qui vous sont dus pour le susdit royaume d'Ecosse. — Ainsi Dieu me soit en aide et ses saints Évangiles. » Cinq semaines plus tard [26~déc] il fut sommé de
minster. Mais on ne découvre aucune trace d'une telle translation, et il est certain, d'après différents instruments, que beaucoup d'entre elles furent ensuite en la possession de Baliol et dans le château d'Edimbourg. Voyez un papier de M. Black , dans l'app. aux « Papiers et documents relatifs aux preuves fournies devant le comité, etc. » p. 427-430. Il est bien vrai qu'il n existe point en Ecosse d'archives de date antérieure au règne de Robert I"; mais elles n'existent pas non plus en Angleterre. Ce qu'il y a de probable, c'est qu'elles ont péri en 1661, où, par ordre de Charles II, les archives, apportées d'Ecosse sous la république, furent renvoyées par mer, et où quatre-vingt-cinq tonneaux de papiers furent perdus dans un navire qui sombra. Voyez M. Cooper, sur «Public Records, » n, 185.