‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 164 sur 563 · CHAPITRE QUATRIÈMÈ · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈMÈ

qu'à une certaine époque, « les compagnies » (c'était ainsi qu'on les appelait) montèrent^ quarante mille hommes. Ce nombre est probablement exagéré; mais elles s'associèrent, reçurent dans leurs rangs tous les nouveaux venus, et détirent une forte armée que le roi de France avait levée et envoyée contre eux. Ce fut en vain qu'Edouard publia des proclamations menaçantes; les compagnies continuèrent de piller le territoire français, jusqu'il ce qu'un présent considérable et la perspective de plus grands avantages les engageassent h rejoindre les armées qui étaient en Espagne et en Italie l.

Outre les difficultés qui provenaient des hostilités des compagnies, il y avait dans la conduite d'Edouard lui-même bien des Choses faites pour donner des soupçons. Les particularités n'en sont pas venues jusqu'à nous; mais nous avons une lettre d'Innocent [13 janvier 1362], dans laquelle le pontife le supplie, dans l'intérêt de son honneur et par respect pour son serment, de dissiper toute espèce de doute au sujet de ses intentions, et d'observer le traité dans tous ses articles **. Parmi les otages au pouvoir du roi étaient quatre princes du sang royal de France, et pour cette raison appelés les seigneurs des fleurs de lis : le duc d'Orléans, frère du roi Jean ; les duc d'Anjou et de Berry, fils de ce monarque, et le duc de Bourbon, son cousin. Ces princes étaient impatients de revoir leur pays, et Edouard avait accédé a leur prière [20 nov.], à condition que certaines parties du traifé seraient expliquées en sa faveur, et que certains châteaux seraient remis entre ses mains. Les explications furent données, et les quatre princes furent tenus de rester à Calais jusqu'à ce que les châteaux fussent livrés3 [13 mars 1363]. Mais leur remise souleva des difficultés imprévues, et le duc d'Anjou, violant, sa parole, se rendit à Paris 4. Son père résolut immédiatement d'aller trouver le roi d'Angleterre, et répondit noblement à son conseil qui essayait de l'en dissuader, « que si l'honneur était banni de l'univers, il devrait trouver un asile dans le cœur des rois. » Il avait à cœur de se disculper de toute participation à l'évasion du duc d'Anjou, d'obtenir la modification de quelques articles du traité, et de pourvoir à la sûreté de ses états pendant la croisade qu'il comptait entreprendre pour la délivrance de l'île de Chypre.

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