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m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
Mais ses courtisans ne comprirent aucune de ces raisons, et soutinrent que l'amour et non L'honneur était le motif réel de son voyage. Il fut reçu par Edouard [30 déc.j avec toutes les marques possibles d'affection, résida a la Savoie avec les trois seigneurs des fleurs de lis, et passa quelques semaines à donner et recev oir des fêtes. Mais avant de pouvoir terminer>aucune affaire importante, il fut attaqué d une dangereuse maladie, et après avoir langui quelques semaines, il expira [8 avril 1364J. Le roi ordonna que ses obsèques se fissent avec une magnificence royale et il envoya le corps avec une escorte brillante en France, où il fut enterré près des cendres des monarques français, dans l'église abbatiale de Saint-Denis [7 mai].
La mort de Jean ne changea rien aux relations qui existaient entre l'Angleterre et la France. Charles, son successeur, quelque aversion qu'il eût pour la paix de Bretigny, n'était pas en position de la violer avec impunité. La guerre , qui continuait toujours en Bretagne entre les deux compétiteurs , Charles de Blois et le jeune comte de Montfort, aurait pu compromettre la durée de la paix; mais les rois, d'un commun accord, leur permirent de décider leur querelle par la force des armes, et chacun, sans offenser l'autre, prêta assistance à son allié. Heureusement pour les intérêts des deux nations, Charles fut tué à la bataille d'Auray [29 sept.]. Le roi de France, après quelques délais, reconnut Montfort comme duc légitime; et ce prince , du consentement d'Edouard, lui lit hommage comme a son souverain [12 avriH365]. Les ravages des «compagnies» donnaient toujours des sujets de plainte et menaçaient d'amener la reprise des hostilités. Edouard, voyant qu'on ne tenait pas compte de ses proclamations , offrit de marcher contre elles en personne; mais Charles n'avait aucun désir de revoir le roi d'Angleterre a la tête d'une année au cœur de la France , et découvrit un expédient qui délivra en grande partie son peuple de l'oppression de ces formidables bandits.
A cette époque, le royaume de Castille, qui comprenait la plus grande portion de l'Espagne, était gouverné par don Pèdre, qui mérita et obtint l'épithète significative de Cruel. Il monta sur le trône à l'âge de quinze ans [26 mars 1350], commença son règne par ordonner, a l'instigation de sa mère, le meurtre de la maîtresse de son père, Léonore de Gusman, et signala chacune des années suivantes par les exécutions les plus cruelles, dictées par