‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 166 sur 563 · CHAPITRE QUATIUÉMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATIUÉMK

l'avarice, le soupçon ou le caprice. Il avait épousé une princesse française, Blanche de Bourbon [U juin 1 353] ; mais ses affections furent captivées par une dame espagnole, Marie de Padilla, et la vertueuse mais infortunée reine fut tenue en prison pendant des années sous la garde de Hinestrosa, oncle de la maîtresse du roi. Sa tyrannie provoqua enfin la résistance : les insurgés furent forcés de chercher un asile en Aragon ; et Pèdre déclara la guerre au roi d'Aragon comme au protecteur des exilés. Parmi eux étaient " deux des fils de Léonore de Gusman , Henri , comte de Transtamare, et Tello, comte de Biscaye. [1360] Pèdre aussitôt déchargea sa vengeance sur les trois frères qui étaient restés, Fadrique, Pèdre et Juan ; et leur associa plusieurs autres nobles victimes, la reine douairière d'Aragon, la femme de Tello, et Juan d'Aragon, avec la sienne [1361]. Blanche elle-même éprouva bientôt une destinée semblable, et Ton pensa qu'elle était morte empoisonnée. Le roi d'Aragon, hors d'état de tenir tête aux forces supérieures de son ennemi, acheta la paix avec empressement ; et les exilés, pour échapper à la vengeance de Pèdre, se retirèrent en France l. C'est à cette circonstance que ce royaume dut d'être délivré des «compagnies.» On proposa que don Henri les conduisît sous sa bannière contre le tyran : le roi de France et le pape s'engagèrent a avancer l'argent nécessaire pour l'expédition ; et le célèbre du Guesclin conclut le traité avec les chefs des aventuriers 2. Renforcés des chevaliers français, qui brûlaient de punir le meurtrier d'Isabelle, ils traversèrent l'Aragon au nombre de trente mille hommes de cavalerie , et placèrent Knrique sur le trône de Castille sans coup férir. Ce fut en vain que Pèdre convoqua ses tenanciers militaires |1366|. Ils se réjouirent de la détresse du despote, qui s'enfuit par le Portugal à la Corogne, se jeta à bord d'un navire qui était dans le port, et arriva sain et sauf à Bayonnc avec ses trois filles3.

Le roi d'Angleterre, peu après la paix de Brétigny, avait réuni en une seule principauté tous ses états situés entre la Loire et les Pyrénées, et l'avait donnée a son fils aîné, avec le titre de prince d'Aquitaine [1361]. Le jeune Edouard, qui avait épousé sa cousine Jeanne, comtesse de Kent, et veuve de sir Thomas Holand, tenait sa cour a Bordeaux à l'époque où Pèdre débarqua à Bayonne, et le lecteur rougira peut-être pour «la fleur de la chevalerie , »

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