‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 167 sur 563 · Mariana, xvi, 18. xvn, ti · texte numérisé non relu

Mariana, xvi, 18. xvn, ti

i?. Edouard leur défendit d'entrer en Espagne, le 5 dec. 13(55. Rym. vi, 481. 3. Froissart, c. -m, m.

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lorsqu'il apprendra la réception cordiale et les promesses encourageantes faites au Castillan. Le prince alla au-devant de lui, le reçut avec honneur, l'assura de son amitié et de sa protection , et s'engagea à le replacer sur le trône dont il avait été chassé 1 [23 sept. 1366]. Pèdre, il est vrai, paraissait devant lui couvert du sang de sa femme, de ses trois frères illégitimes , et de beaucoup d'autres victimes illustres et innocentes. Mais le mérite ou le ' démérite du suppliant ne fut point ce que l'on considéra : comme souverain héréditaire dépouillé de sa couronne , il avait droit h la pitié de tout vrai chevalier; il était disposé a reconnaître généreusement l'assistance qu'on lui prêterait; et s'il était besoin de plus de justification, on pourrait en trouver dans les liens qui existaient depuis longtemps, tant par le sang que par les traités, entre les maisons royales d'Angleterre et de Castille. On donna secrètement avis du dessein d'Edouard aux «compagnies. » Le nom de leur chef favori ébranla leur fidélité, et douze mille hommes, sous les ordres de sir John Calverly et de sir Robert Knowles, abandonnèrent l'étendard de Henri, et se hâtèrent vers la Guienne. Le consentement du roi de Navarre, sans la permission duquel l'armée n aurait pu passer les Pyrénées , fut acheté par la cession du Guipuscoa et la promesse d'un présent considérable [février 1367] ; et trois corps de cavalerie, dont chacun montait à dix mille hommes, traversèrent successivement la vallée de Roncevaux, théâtre supposé des exploits du fabuleux Roland. On était au cœur de l'hiver : la neige battait les troupes au visage ; et au froid et à la fatigue se joignait le manque de provisions dans une contrée stérile et montagneuse. A Pampelune , le roi de Navarre secourut l'armée plutôt par crainte que par amitié ; et de Pampelune, le jeune Edouard continua sa marche jusqu'aux frontières de Castille2. Deux jours avant la bataille [1er avril] , il envoya par un héraut une lettre a don Henri. 11 y exprimait sa surprise qu'un prince doué de si nobles qualités et fils de roi se montrât déloyal envers son souverain; il l'avertissait qu'il était venu, par suite d'anciens traités, replacer Pèdre sur le trône; et offrait sa médiation pour éviter l'effusion du sang et rétablir l'amitié entre les deux frères. Henri, dans sa réponse [2 avril], soutint que don Pèdre avait perdu la couronne h force de crimes ; et que son devoir, qu'il accomplirait, était de repousser l'injure

1. Voyez les traités faits entre eux dans Rymer, vi, 512-5:13.

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