‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 168 sur 563 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

par l'injure, et de maintenir l'honneur et l'indépendance de la Caslille. Cette réponse détruisit tout espoir de paix , et les deux armées se préparèrent au combat pour le lendemain «.

Le lendemain matin [3 avril], les deux armées couvrirent les plaines situées entre Navarette et Najora. Henri amenait soixante mille hommes d'infanterie , trente mille de cavalerie , dix mille archers, et quatre mille chevaliers et écuyers français, qui avaient suivi du Guesclin en Espagne pour venger la mort de Blanche de Bourbon. L'armée du prince ne s'élevait pas à trente mille hommes ; mais la disproportion était plutôt dans le nombre que dans la force réelle ; car les fantassins espagnols, bien qu'ils pussent à distance incommoder la cavalerie avec leurs frondes, étaient peu utiles dans un combat corps à corps ; et les hommes d'armes du prince étaient des vétérans depuis longtemps habitués à vaincre. Dès la première attaque, Tello, frère de Henri, s'enfuit avec sa division ; mais le combat se soutint avec opiniâtreté par les efforts de Henri môme, et par le courage de du Guesclin. Enfin ce dernier fut fait prisonnier : les hommes d'armes français furent dispersés ; leurs adversaires attaquèrent les Espagnols en flanc ; et Henri, montant sur son genêt, s'enfuit à Calahorra, et de là se rendit à Valence, auprès de son ami le roi d'Aragon2. Les ennemis laissèrent six mille hommes sur le champ de bataille. Les prisonniers montèrent à deux mille3, et le sanguinaire don Pèdre se préparait à les immoler à sa vengeance. Cependant, à la requête du prince , requête qu'il n'osa refuser, il leur pardonna , excepté a Gomez Carillo, accepta leur hommage, et alla prendre possession de Burgos, qui ouvrit immédiatement ses portes. Dans le cours de quelques semaines, les députés des différentes provinces jurèrent fidélité h leur ancien souverain; mais il n'eut pas % plus tôt recouvré sa couronne, que ses alliés l'assaillirent de demandes auxquelles il n'avait pas le pouvoir, peut-être pas le désir de satisfaire. Il amusa néanmoins le prince par ses protestations do bonne foi; lui persuada de mettre l'armée en cantonnement dans le voisinage de Valladolid , et promit d'aller à Sé-

1. Rym. vi, 554-557. Les lettres dans Froissart sont très-différentes des lettres réelles publiées par Ryroer. Cet amusant écrivain recueillait ses renseignements de vive voix, et par conséquent était souvent dupe des narrateurs ignorants ou menteurs.

2. Rym. vi, 557. Knyght. 2629. Mur. 120. Froiss. c. 239. Du Guesclin paya 100,000 doubles d'or pour sa rançon. Thrés. des Chart. 304. Il avait déjà été pris une fois par sir John Chandos, et avait alors payé 40,000 francs d'or. lbid.

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