‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 169 sur 563 · W ilkins, con. m · texte numérisé non relu

W ilkins, con. m

ville, et d'en revenir pour la Pentecôte avec l'argent nécessaire pour remplir ses engagements [6 juin]. La Pentecôte arriva; on laissa écouler trois semaines de plus, et cependant on n'avait aucune nouvelle de don Pèdre. Edouard commença à s'alarmer : il voyait son armée dépérir par la chaleur du climat, et souffrir du manque de provisions , et il envoya quelques chevaliers découvrir le roi d'Espagne et le forcer de faire droit à ses demandes [ 26 juin ]. lis le trouvèrent a Séville, et revinrent avec une réponse qui convainquit le prince qu'il n'y avait aucun fond à faire sur la foi de l'ingrat Castillan. Aussitôt il fit mettre son armée en marche, et retourna sur son territoire par le royaume de Navarre. Ainsi finit cette glorieuse mais très-malheureuse expédition , comme la suite le prouva. Le tyran recouvra son trône aux frais de son allié; et le prince revint a Bordeaux avec un trésor épuisé et une constitution ruinée l.

Le lecteur sait qu'aucune des renonciations stipulées par la paix de Brétigny n'avait jusqu'alors été faite par les parties. Il est difficile aujourd'hui de déterminer' sur qui doit en retomber le blâme. Les écrivains français l'attribuent a Edouard , qui avait négligé d'envoyer ses messagers h Bruges au temps marqué ; et qui peut-être désirait de conserver ses prétentions sur la couronne de France, jusqu'à ce qu'il vît tous les articles du traité fidèlement exécutés. Les Anglais, au contraire, accusent le roi de France de mauvaise foi ; et il faut avouer qu'il y a dans sa conduite bien des choses qui auraient besoin d'explication. Ce fut en vain qu'Edouard demanda les arrérages de la rançon de Jean , le renvoi des prisonniers qui avaient violé leur parole, et de nouveaux otages en remplacement de ceux qui étaient morts. Toutes ces réclamations furent arlificieusement éludées. Charles semblait attendre une occasion de recouvrer les avantages perdus par. son père; et les circonstances étaient de nature a le flatter de l'espoir du succès. Les habitants des provinces cédées, et môme beaucoup de ceux de la Guienne, exprimaient à haute voix leur mécontentement du gouvernement des Anglais, dont l'avarice accaparait tous les emplois lucratifs, et dont l'arrogance réclamait le mérite de tous les engagements heureux. La vigueur qui jadis distinguait le roi avait commencé à disparaître , et un dépérissement graduel venu à la suite des années affaiblissait également son esprit et son corps. Le prince Noir, dont le nom seul frappait

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