‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 170 sur 563 · Froiss. c · texte numérisé non relu

Froiss. c

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jadis l'ennemi do terreur, avait rapporté d'Espagne une maladie qui se jouait de l'habileté des médecins, et le réduisait a un tel étal de débilité qu'il ne pouvait monter h cheval. Il était devenu mélancolique et morose. Plongé par la mauvaise foi de Pedro dans un abîme de dettes , il ne pouvait ni faire face aux dépenses de sa cour, la plus magnifique de l'Europe , ni remplir ses engagements envers Iles troupes qui l'avaient suivi en Espagne. (1368] Il éloigna « les compagnies, » qui commençaient a piller, en leur donnant la permission tacite de recommencer leurs déprédations sur le territoire français; et pour satisfaire aux demandes croissantes de ses créanciers, il proposa aux étals d'imposer un fouagc pour les cinq années suivantes. Plusieurs provinces donnèrent volontiers leur consentement : le comte d'Armagnac et la plupart des seigneurs dont les terres bordaient le pied des Pyrénées, soutinrent que c'était une violation de leurs privilèges. Le prince s'obstina par nécessité , et les barons mécontents, se rendant a Paris, en appelèrent de l'oppression de leur seigneur immédiat à la protection.de leur suzerain le roi de France

Par sa prudente et heureuse politique, Charles avait obtenu de ses sujets le surnom flatteur de Sage. Dans l'occasion présente, il agit avec sa circonspection habituelle. L'appel ne fut ni reçu ni rejeté ; mais il assura en secret les appelants de sa protection , promit 'de les garantir du ressentiment du prince, et, sous différents prétextes, les retint un an dans sa capitale. Dans l'intervalle, il employait son frère le duc d'Anjou, qui avait été nommé gouverneur du Languedoc , à fomenter le mécontentement des Poitevins, et envoyait des émissaires tenter la fidélité des seigneurs et bourgeois du Ponthieu. Une alliance se conclut aussi entre lui et don Henri, qui était rentré en Castille avec de grandes chances de succès, et était alors occupe au siège de Tolède, capitale de cette province [20 nov.]. En retour de l'aide que devait lui prêter la France , le prince espagnol s'engageait a prendre une part principale à toutes les guerres que Charles pourrait faire au roi d'Angleterre , particulièrement pendant le printemps suivant. Peu après [14 mars 1369], il fut rejoint par du Guesclin à la tête de deux mille chevaliers, défit son rival dans une bataille, et poursuivit le fugitif jusqu'au fort château de Montiel [24 mars]. Durant le siège de cette forteresse, soit par hasard, soit par trahison, les deux frères se trouvèrent face à face dans la tente d'un

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