‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 171 sur 563 · Froiss · texte numérisé non relu

Froiss

chevalier français. Ils se jetèrent aussitôt l'un sur l'autre : Pèdre renversa Henri ; mais dans la lutte Henri tua son adversaire d'un coup de poignard. De ce moment, toute opposition cessa : Henri remonta sur le trône , et se vit à même de remplir ses engagements envers le monarque français».

Au temps marqué, Charles leva le masque, et somma le prince d'Aquitaine de comparaître à sa cour et de répondre aux plaintes de ses vassaux [25 janvier]. Le jeune Edouard réporidit qu'il obéirait, mais a la tête de soixante mille hommes : vaine bravade, qu'il n'eut jamais le pouvoir d'exécuter. Son père , plus effrayé du résultat, offrit sérieusement de renoncer h ses prétentions sur la couronne de France et sur les provinces de Normandie , de Maine et d'Anjou, à condition que Charles renoncerait également à son droit de suzeraineté sur les provinces que possédait alors le roi d'Angleterre. La proposition fut soumise aux pairs de France , qui conseillèrent à leur souverain de répondre par une déclaration de guerre [mai]. Des armées ennemies entrèrent immédiatement dans le Ponthieu, le Poitou et la Guienne; le mécontentement des habitants seconda l'épée des envahisseurs; et après un délai convenable toutes les possessions anglaises en France furent annexées par sentence judiciaire a la couronne française. Les conquêtes succédèrent aux conquêtes ; et au bout de six années, Charles, non-seulement recouvra les provinces perdues par son père , mais se rendit maître aussi de la plus grande partie de la Guienne.

Edouard toutefois ne céda pas sans résistance ses états d'outremer. 11 convoqua son parlement, déclama avec amertume contre la perfidie de Charles [11 juin], reprit le titre de roi de France, et offrit à tous les aventuriers la possession des fiefs qu'ils pourraient conquérir dans ce royaume2 [19 juin]. Comme une flotte française \oguait en triomphe dans la Manche, il ordonna que tous ses sujets, entre seize et soixante ans, sans distinction de laïques ou d'ecclésiastiques, s'armassent pour la défense du pays »

1. Ryra. vi, 598, 6-2-2. Dans VArt de vérifier les dates [i, 757) on nous dit que la plupart des modernes sont dans l'erreur èn rapportant la mort de don Pèdre à l'an 1369 ; mais le traité mentionné ci-dessus montre qu'ils ont raison : car il prouve que Pèdre et it en vie le 20 novembre 1368, et toutes les autorités s'accordent a dire qu'il fut tué au printemps.

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