‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 196 sur 563 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

individuellement par leur nom , soit envoyés conformément au writ royal par les comtés, cités et bourgs, à l'effet de se consulter avec le roi ou les commissaires du roi sur les matières dans lesquelles on les supposait particulièrement versés l. Voici deux singuliers exemples de cet usage : 1. Edouard Ier, après la soumission de l'Ecosse, en 1296, résida très-longtemps à Berwick, où il forma le projet de rétablir cette ville sur un nouveau plan, dans l'espoir qu'elle deviendrait promptement un grand et riche marché. Dans cette vue, il ordonna aux maires et aux baillis des villes commerçantes d'Angleterre de procéder à l'élection des députés « les plus compétents pour imaginer, disposer et arranger une nouvelle ville pour le plus grand avantage du roi et du commerce du royaume ; » et de lui envoyer les personnes élues en état de faire davantage pour son service. Ils vinrent le trouver à Bury Saint-Edmunds; et le résultat fut qu'il adressa de nouveaux writs à vingt-neuf individus nominativement, où il les invitait à se rendre auprès de lui pour le même objet dans la première semaine de la nouvelle année, en quelque partie de l'Angleterre qu'il pût se trouver; puis il les força d'aller a Benvick immédiatement après Pâques. 2. En 1303, on lui avait soumis la proposition d'élever le montant des droits de douane sans recourir au parlement. A cet effet, le lord-maire reçut l'ordre d'envoyer au roi deux ou trois députés de chacune des dix compagnies de négociants étrangers établis a Londres, à qui il offrit certains privilèges additionnels en retour du payement de droits plus élevés sur les importations et exportations; et ceux-ci, dont l'existence en Angleterre dépendait du bon plaisir royal , furent ainsi amenés à consentir à des conditions qu'ils n'osaient pas repousser ouvertement. Il restait à tenter la même expérience sur les négociants indigènes, qui, on n'en doutait pas , suivraient le précédent établi par les étrangers. On adressa des writs aux shériffs , où il était dit que le roi avait appris que ses sujets faisant le commerce étaient désireux d'obtenir les privilèges accordés aux étrangers aux conditions acceptées par ces derniers, et où on leur commandait à cet effet d'envoyer a l'échiquier d'York deux représentants de chaque cité et bourg dans leurs comtés respectifs. Mais l'espérance d'Edouard fut déçue. Les négociants s'assemblèrent en conseil, s'encouragèrent les uns les autres à résister ; et répondirent unanimement qu'ils ne consentiraient à aucun accroissement de la

1. Stat. ofRealm, i, 455. il, 107, 120, 456. Rym. v, 232, 405, 548. vi, 639.

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