Ibid
somme égale à répartir sur les différentes paroisses. En supposant que le nombre des paroisses était de quarante-cinq mille, on calcula que la charge de chacune s'élèverait, taux moyen, h vingtdeux shillings et trois pence. Le parlement fut congédié ; mais quand les rapports furent faits, on trouva que le nombre des paroisses n'était que de huit mille six cents, et que la somme levée n'excéderait pas dix mille livres. Pour réparer cette erreur,#le roi convoqua un grand conseil, composé d'un certain nombre de lords ot de prélats, et d'un des deux membres qui siégeaient au dernier parlement, comme représentant de chaque comté, cité et bourg. Dans les wrils qu'il adressa à cette occasion , il nomma les personnes dont il requérait la présence , et fit observer que s'il ne convoquait pas un parlement complet, c'était pour soulager son peuple d'une partie de ce surcroît de dépense. Ce conseil agit néanmoins avec toute l'autorité d'un parlement légitime. Les rapports des évêques et des shériffs furent examinés; on fit un nouveau calcul; on éleva le taux a cent seize shillings par paroisse; les chevaliers des shires nommèrent des collecteurs ; et on plaça au-dessus d'eux des surveillants chargés d'inspecter leurs opérations1. Il est singulier qu'une assemblée composée des personnes les plus intelligentes du royaume ait adopté un calcul aussi erroné ; mais ce fait doit nous apprendre a douter de l'exactitude de plusieurs autres de leurs allégations au sujet de l'opulence excessive du clergé et des sommes énormes que la cour de Rome est dite avoir tirées de l'Angleterre.
V. Par ces expédients et autres semblables, le roi fut en état d'entretenir les armées qui furent si longtemps la terreur de la France, et qui élevèrent si haut la réputation militaire de la nation. La constitution féodale , telle qu'elle avait été établie par Guillaume Ier, était propre à la défense, mais défavorable aux projets de conquête. Le roi pouvait bien appeler sous son étendard toute la population mâle du pays, mais l'exercice de ce droit n'était légal que dans le danger réel d'une invasion : il pouvait aussi obliger ses tenanciers à le suivre dans une guerre étrangère avec un nombre de cavaliers proportionné au nombre de fiefs de chevaliers qu'ils tenaient de la couronne ; mais l'obligation du service était limitée à quarante jours , espace trop court pour des opérations qui devaient être conduites sur une grande échelle et dans un pays éloigné. Aussi les anciens rois , dans leurs guerres