‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 215 sur 563 · Rym. n · texte numérisé non relu

Rym. n

(jHapithe quatrième. m

Vingt-trois ans s'étaient écoulés, quand William de Gainsborough fut promu à l'évôché de Worcestcr ; et dans la bulle de provision, le pape confiait à ses soins le temporel aussi bien que le spirituel de ce siège. Cette addition n'échappa point aux regards des officiers royaux : ils déclarèrent que c'était une usurpation des droits du monarque , à qui seul , et non au pape , appartenait le pouvoir d'accorder le temporel , et Tévêque , pour avoir reçu la bulle, fut condamné à payer une amende de mille marcs. Pour éluder toutefois la difficulté, sans avoir recours a une négociation avec le pontife, on adopta l'expédient suivant. Gainsborough, par un acte en forme , renonça à toutes les clauses de la bulle qui pourraient être préjudiciables aux droits de la couronne, et reconnut qu'il ne pouvait recevoir le temporel de l'çvêché de personne autre que du roi, et Edouard, satisfait de cette renonciation, lui remit le temporel, et lui permit de faire hommage ». Cependant comme la cour de Rome persistait dans l'usage de la môme formule , la couronne continua d'exiger de chaque évêque une renonciation semblable, qui fut régulièrement faite depuis cette époque jusqu'au règne de Henri VIII, oh les provisions furent définitivement abolies 2.

Mais les « provisions » des évêchés ne causaient pas un mécontentement si général que celles des bénéfices inférieurs. Toutes les plaintes qui avaient eu lieu sous le règne de Henri III, se renouvelèrent : à savoir que les droits des patrons avaient été usurpés; qu'on donnait des bénéfices à des ecclésiastiques qui ne résidaient pas dans le royaume, et qui môme en ignoraient la langue, et que les richesses de l'Eglise anglaise étaient employées parfois a soutenir ceux qui défendaient la cause des ennemis de l'Angleterre. Les papes daignèrent répondre qu'ils avaient usé de leur droit avec modération ; qu'en général ils ne nommaient aux bénéfices que des sujets du roi , et que si jamais ils violaient cette règle, c'était en faveur des cardinaux, qui étaient occupés a soutenir ses intérêts à la cour de Rome 3. Le fait réel était que les pontifes, particulièrement après qu'ils eurent fixé leur résidence de ce côté-ci des Alpes, furent réduits à une telle indigence, qu'ils ne pouvaient entretenir leurs ministres sans ressources étrangères, et que nos monarques, quoiqu'ils pussent être lésés par-

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