‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 216 sur 563 · Rym. m · texte numérisé non relu

Rym. m

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fois, n'étaient pas sincères dans leurs hostilités contre une pratique dont ils avaient eux-mêmes éprouvé l'utilité. En sollicitant des « provisions » pour leurs serviteurs, ils se déchargeaient de l'obligation de les rémunérer sur les revenus de la couronne, et il ne se passait guère d'année qu'ils n'obtinssent plusieurs dons de cette nature en faveur de leurs propres chapelains l.

Pour ces différentes raisons, les papes avaient généralement en Angleterre plusieurs officiers chargés plutôt du temporel que du spirituel. Leurs fonctions étaient de recueillir et de transmettre l'argent qui appartenait à la chambre apostolique, d'exécuter les lettres de provision, de signifier les citations et de notifier les jugements rendus en cour de Rome dans les causes en appel ou en matières de bénéfices. Ils étaient toujours un sujet d'ombrage pour la couronne. Il leur était très-strictement défendu de rien tenter de dérogatoire aux droits du roi ; de temps à autre on allait jusqu'à les fouiller ; tous les actes suspects étaient saisis et mis sous les yeux du conseil ; et à la plus légère provocation ils étaient poursuivis, emprisonnés ou bannis2. Le procureur papal, avant de pouvoir entrer en exercice, était dans la nécessité de jurer qu'il serait loyal envers le roi et ne trahirait pas sa confiance ; qu'il n'exécuterait aucun ordre qui pourrait être préjudiciable aux droits de la couronne ou h ceux des sujets ; qu'il ne publierait aucune lettre qu'il pourrait recevoir du pape ou de tout autre personne, avant de l'avoir montrée au conseil; et qu'il n'enverrait point d'argent hors du royaume sans une licence royale 3. Mais aucun prince ne semble avoir poussé plus loin cette méfiance qu'Edouard IL Lorsque Jean XXII envoya les évôques de Vienne et d'Orange pour négocier une réconciliation entre lui et sa femme Isabelle, quoique ces prélats eussent informé d'avance le roi qu'ils n'étaient porteurs d'aucune lettre d'aucune espèce qui pût être contraire à ses intérêts ou à ceux d'aucun de ses sujets, le constable de Douvres reçut l'ordre de leur adresser a leur débarquement les paroles suivantes : « Messeigneurs, mon » devoir est de sommer tout étranger qui entre sur cette terre » d'informer notre seigneur le roi de la cause de sa venue ; mais » ceci n'est pas nécessaire, car je suis certain que vous l'avez » déjà fait. Cependant il est de mon devoir aussi de vous défendre,

1. En 1375, Edouard en obtint trois ù la fois. Rym. n, 55. En 130C, il en obtint six. Id. n, <m-2.

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