Voyez Cnllectanea Anf)lo-Mi»oritica, passim
justifier par l'exemple du Christ, qui vivait des aumônes de ses disciples ; et Wycliffe répondit par cette subtile distinction, que le Christ, s'il recevait, ne demandait pas ; tandis que les moines, non contents des offrandes spontanées , en extorquaient d'autres par leur importunité et leurs mensonges. Cette controverse n'eut aucun résultat immédiat; mais on la cite comme l'origine de cette violente animosito que Wycliffo déploya contre les moines a toutes les époques subséquentes de sa vie.
[20 oct. 1361.] L'archevêque Isiep avait fondé à Oxford le collège de Canterbury pour un recteur et onze professeurs, dont trois, ainsi que le recteur, devaient être des moines de Christchurch, les huit autres des membres du clergé séculier. Conformément aux statuts, le prieur de Christchurch lui présenta en 1363 les noms de trois moines : il choisit celui de Wodehall, qui fut en conséquence installé dans l'office de recteur [13 mars 1363]. Deux ans plus tard, à une époque où, s'il faut en croire les plaidoiries subséquentes , tous les moines étaient légitimement absents, Wycliffe, un des professeurs ecclésiastiques, se lit nommer recteur par l'archevêque [9 déc. 1365], et empêcha la réadmission de VVadehall et de ses collègues. Mais quatre mois ne s'étaient pas écoulés qu'islep mourut [23 avril 1366]; et Langham, son successeur, alléguant que la nomination do Wycliffe était contraire à la charte fondamentale et obtenue à une époque où son prédécesseur était réduit par l'âge et la maladie à un état d'imbécillité mentale, commanda au nouveau recteur de faire place à l'ancien. Sur son refus, l'archevêque séquestra le bénéfice de Pageham, qui appartenait au collège ; mais Wycliffe en appela au pontife, et par cet expédient obtint un répit de trois ans. A la fin les parties contendantes comparurent devant la cour papale à Viterbe, et exposèrent leurs raisons respectives ; mais à la séance suivante, Benger, professeur ecclésiastique, qui soutenait l'appel du côté de Wycliffe, ne se présenta pas : deux ajournements eurent lieu pour lui donner le temps de paraître. La cause ensuite continua en son absence, et un jugement définitif fut rendu en faveur de Wodehall 4. Wycliffe céda a l'autorité réunie du roi et du pape, mais avec un ressentiment auquel ses contemporains attribuèrent les invectives amères et envenimées dont il assaillit plus tard la cour de Rome, ainsi que les ordres monastiques2.
1. Voyez les documents originaux dans Lewis, 235, et Vaughan, i, 406.
'l. -i Tour ce qu'il avait été justement privé par l'archevêque de Canterbury
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11 avait obtenu un litre honoraire do chapelain du roi, et comme tel il soutint énergiquement les droits de la couronne contre les prétentions du pontife. Son nom figure le second sur la liste des commissaires nommés pour s'aboucher avec les envoyés du pape à Bruges, dans le but d'arranger h l'amiable les discussions entre les deux puissances 1 [1374]. 11 fut ensuite promu à une prébende dans l'église collégiale de Westbury , étant déjà* en possession du rectorat de Fylingham, qu'il échangea contre celui de Luttcnvorth, tous deux dans le diocèse de Lincoln.
Accepter des promotions était si contraire aux principes qu'il enseigna plus tard, qu il est probable qu'il n'était pas encore déterminé à embrasser le métier de réformateur. Il continua, toutefois, de professer à Oxford, et imita dans son genre de vio l'austérité des hommes qu'il avait attaqués avec tant de chaleur. 11 allait toujours pieds nus, et était vêtu d'une robe de bure des plus grossières 2. Peu a peu ses invectives s'étendirent des moines au corps entier du clergé. Le pape, les évêques, les recteurs et les curés, passèrent successivement sous sa férule. Tout ecclésiastique, prétendait-il, était tenu d'imiter le Sauveur en pauvreté aussi bien qu'en vertu. Mais les clercs possesseurs, c'est ainsi qu'il nommait le clergé bénéficier, n'imitaient pas la pauvreté du Christ. « Us étaient étouffés par la graisse des biens de ce monde, » et conséquemment étaient des hypocrites et des antichrists 3. » En tombant dans le péché, ils devenaient traîtres a leur Dieu, et naturellement devaient perdre les émoluments de leurs cures. En pareil cas, le devoir des laïques était, sous peine de damnation, de leur supprimer les dîmes et de leur ôter leurs propriétés 4. Pour propager ces principes et autres semblables, il rassembla un corps de fanatiques, qu'il distingua du nom de « pauvres prêtres. » Ils étaient vêtus comme lui, professaient la détermination de ne jamais accepter aucun bénéfice 5, et s'engageaient à
d'un certain bénéfice. » Ecrivain contemporain dans Archaeol. xxn, 2.">3. La licence pour Vimpropriation du bénéfice de Pageham établissait qu'il était destine à l'entretien d'un corps composé de quatre moines et huit membres du clergé. Les hommes de loi soutenaient en conséquence qu'il était échu à la couronne, parce que depuis l'époque où Wycliffe avait été en possession , tous avaient été d'abord membres du clergé , et ensuite tous moines ; mais Edouard confirma le don au collège en 1372, moyennant le payement d'une amende de 200 marcs.