RICHARD II
PRINCES CONTEMPORAINS
Emp. d'AUem. Iiois d'Ecosse. Rois de France. Rois d'Espagne. Charles IV. . 1378. Robert II. . 1300. Charles V. . 1380. Henri II. . 1379. Wcnceslas. Robert III. Charles VI. Jean I. . .1390.
Henri III.
TAPES
Grégoire XI. 1378. Urbain VI. 1389. Boniface IX.
Gouvernement du royaume pendant la minorité. — Insurrection et excès du peuple. — WyclifFc. - Sa mort et ses doctrines. — Invasion de l'Ecosse. — Procès des ministres. — A scendant du duc de Gloucester. — Exécution des amis du roi. — Richard recouvre son autorité. — Statuts des proviseurs. — Le roi va en Irlande. — Condamnation du due de Gloucester et de ses adhé-^ rents. — Jugement des ducs de Hereford et de Norfolk. — Conduite illégale de Richard. — Il va en Irlande. — Henri de Laneastcr se révolte. — Le roi est fait prisonnier et déposé. — Henri réclame la couronne.
Tandis qu'Edouard était sur son lit de mort, une députation des citoyens de Londres se rendit auprès de Richard de Bordeaux, fils et héritier du prince Noir. Ils lui offrirent leur vie et leur fortune pour soutenir son droit à la couronne [21 juin 1377], lui conseillèrent de quitter Shene, d'établir sa résidence dans la Tour, et sollicitèrent sa médiation pour les réconcilier avec son oncle, le duc de Lancaster. Lë jeûne prince (il était dans sa onzième année) avait pour instructions de les recevoir gracieusement , et de donner son assentiment a leurs demandes. Le même jour, *son grandrpère mourut ; et l'après-midi du jour suivant [22] , Richard fit son entrée dans la capitale. Des arcs de triomphe avaient été érigés; des représentations avaient lieu; et des fontaines de vin montraient la richesse des citoyens et égayaient la loyauté de la populace *.
1. Je vais décrire une de ces représentations afin que le lecteur puisse se faire quelque idée du goût de nos ancêtres. Au marché de Cheapside on avait érigé un bâtiment en forme de chilteau , d'où il coulait deux ruisseaux de vin. Sur les quatre tourelles étaient placées quatre jeunes tilles, vêtues de blanc, et du même âge que le roi. A son approche elles soufflèrent vers lui de petits morceaux de feuilles d'or, elles firent pleuvoir sur lui des florins faits en papier, et étant descendues lui versèrent , ainsi qu'à sa suite, du vin dans des coupes d'or. Pour terminer la
m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
Trois semaines furent employées a faire les obsèques du feu roi et à préparer le couronnement du nouveau. Au jour marqué [16 juillet] ,• Richard se leva de bonne heure, et assista aux matines et à la messe dans sa chapelle particulière de Westminster. Le cortège se réunit dans la grande salle, dont le passage à l'église de l'abbaye avait été tendu de drap d'écarlate. Le clergé , les abbés et les prélats ouvraient la marche : ils étaient suivis des grands ofticiets de la couronne; et, le dernier de tous, venait le jeune prince sous un dais de soie bleue, porté sur des lances d'argent par les barous des cinq-ports. Tandis que le chœur chantait la litanie, Richard se prosterna devant l'autel, d'où il fut conduit a son trône, qui était sur une plate-forme élevée au milieu de la nef. Dès qu'il eut prêté le serment d'usage, l'archevêque, accompagné du maréchal, en expliqua successivement, des quatre coins de la plate-forme, les obligations au peuple , et lui demanda s'il était consentant à accepter le jeune prince pour son roi. Le peuple témoigna son assentiment par de bruyantes acclamations; et ^Richard fut sacré , couronné et revêtu des insignes de la dignité 'royale. On célébra ensuite une messe solennelle : à l'offertoire, il descendit pour présenter à l'autel le pain , le vin et un marc d'or ; et retournant à son trône, il reçut l'hommage de ses oncles, et des comtes et barons. Aussitôt qu'il eut communié , le jeune prince , épuisé de fatigue , fut porté en litière dans son appartement ; mais après un court repos , il fut rappelé dans la grande salle, où il créa quatre comtes et neuf chevaliers, et prit part à un banquet splendide, mais tumultueux. La journée se termina par des bals, des chants de ménestrels, et toutes les réjouissances ordinaires de l'époque K
Le lendemain matin, les prélats et les barons tinrent un grand conseil pour régler la .orme du nouveau gouvernement pendant la minorité du roi, et choisir « en aide du chancelier et du tré-% sorier» douze conseillers, deuxévêques, deux comtes, deux ba-* rons, deux bannerets et quatre chevaliers. L'influence qu'avait le
représentation , un ange descendit du haut du château , et offrit au roi une couronne d'or. Chaque rue avait quelque spectacle ou quelque emblème; mais les marchands de Clieapside remportèrent le prix de l'invention ingénieuse. Walsingham, 11)4, 1»5.
1. Walsingluun nous a transmis l'ordre entier du couronnement (195-198). Le duc de Lancaster avait commandé qu'on l'enregistrât. Rym. vu. Sir John Dymock y assista comme champion avec ses deux écuyers": le lord-intendant, le connétable et le maréchal, sur leurs chevaux de bataille, allaient d'un bout de la salle à l'autre pour maintenir l'ordre. Wals. 127. Les prétentions aux différents offices en cette occasion peuvent se voir dans Lel. Coileg. i, 2Ô'3.