CHAPITRE WtEMlEK. M
temps, toute résistance disparut devant lui. Anglesea se soumit ; la bannière royale fut plantée au sommet du Snowdon ; les Gallois, au désespoir, se précipitèrent dans les marches ; et à Caurscastle, Madoc, chef des insurgés, se jeta aux pieds du vainqueur. Pour la seconde fois, la conquête du pays de Galles fut accomplie. Les chefs qui avaient pris part à la rébellion furenl condamnés par Edouard à une étroite détention dans des châteaux séparés ; il donna leurs domaines à leurs héritiers, mais en les menaçant d'un plus sévère châtiment, s'ils imitaient la perfidie de leurs pères. L'avertissement ne fut point oublié ; el à dater de cette époque, dit l'historien, les Gallois commencèrent :i s'occuper de la culture du sol, des profits du commerce et des arts pacifiques *.
L'été était venu avant qu'Edouard fût de retour dans sa capitale. 11 s'apprêtait de nouveau à recouvrer ses états d'outre-mer ; de nouveau il fut rappelé pour s'opposer a ses ennemis de l'intérieur de Hier. Les barons écossais brûlaient de reconquérir l'indépendance de leur pays ; mais avertis par le sort des insurges gallois, ils songeaient a appuyer leurs efforts de l'assistance du . monarque français. L'esprit timide de Baliol hésitait. Il calculait les forces d]Edonard, et tremblait aux conséquences d'une défaite. À la fin il se laissa entraîner par le torrent de l'opinion publique, et remit la direction de la guerre a un comité composé de quatre prélats, quatre comtes et quatre barons, line alliance offensive et défensive fut conclue à la hâte avec la France. Si Edouard envahissait l'Ecosse, Philippe s'engageait a employer toutes ses troupes contre la plus faible partie des états d'Edouard ; s'il transportait une armée en France, Baliol s'obligeait a inonder de ses Ecossais le nord de l'Angleterre ; et en même temps, pour cimenter l'union des deux couronnes, un traité de mariage fut conclu entre Edouard, héritier de Baliol, et Jeanne, fille aînée de Charles de Valois et nièce de Philippe 2. Ces négociations ne pouvaient échapper à la méfiance d'Edouard. Il envoya en Guienne quelques troupes sous les ordres de son frère Edmond, qui mourut h peine arrivé, et fut remplacé dans le commandement par le comte de Lincoln; mais il resta lui-même en Angleterre pour surveiller les mouvements et s'assurer par expérience des desseins réels do son vassal écossais. Il réclama d'abord l'assistance de Baliol dans