Trial, iv
7. Quand il y a quarante ou cinquante personnes dans un chofur, trois ou quatre orgueilleux et impudiques vauriens degoisent les plus dévotes prières, de façon que personne n'entendra les paroles, et tous les autres seront muets, et les regurderont comme des imbéciles. Et alors des prostituées et des voleurs louent sire Jnck, ou Hobb et William, l'orgueilleux clerc, de ce qu'ils dégoisent vite leurs notes, et disent qu'ils servent bien Dieu et la sainte Eglise, lorsqu'ils insultent Dieu en face, et gênent les autres dans leur dévotion et componction, et les poussent à la vanité mondaine. » Ms. des Prelatst apud Lew. 134.
nages, comme plutôt faits pour enrichir le clergé que pour entretenir la dévotion1.
Les opinions de Wyeliffe , reproduites a l'infini du haut des chaires de ses « pauvres prêtres, » firent de nombreux prosélytes. On affluait pour entendre les nouveaux prédicateurs. La nouveauté de leur méthode, la sévérité avec laquelle ils traduisaient h leur tribunal les vices réels ou supposés de leurs supérieurs spirituels, et la hardiesse de leurs invectives contre les droits , les prétentions et les privilèges du clergé, intéressaient les passions et obtenaient l'assentiment de leurs auditeurs. Mais il était une autre arme que le recteur de Lutterworth maniait avec une égale adresse et une plus grande efficacité. Il en appelait aux Ecritures comme preuve de ses doctrines, et faisait ainsi ses disciples juges entre lui et les évéques. Il existait môme alors plusieurs versions des saintes Ecritures ; mais elles ne se trouvaient que dans les bibliothèques ou aux mains des personnes qui aspiraient à une plus grande sainteté2. Wyeliffe en fit une nouvelle traduction , dont il multiplia les exemplaires à l'aide de copistes, et en fit recommander par ses pauvres prêtres la lecture à leurs auditeurs. Dans leurs mains, elle devint un instrument d'une puissance merveilleuse. Chacun fut flatté de cet appel à son jugement : les nouvelles doctrines acquirent insensiblement des partisans et des protecteurs dans les hautes classes, qui seules savaient lire. 11 en résulta un esprit d'examen ; et ainsi furent répandues les semences de cette révolution religieuse qui, environ un siècle après , étonna et bouleversa les nations de l'Europe.
Le roi avait alors atteint sa dix-septième année. La résolution et l'intrépidité qu'il avait déployées pendant l'insurrection semblaient présager un règne fortuné et glorieux ; et les qualités de son cœur étaient rehaussées par la beauté supérieure de sa personne et par l'élégance de ses manières. Mais qu'il faille l'attribuer à l'inexpérience et a la prodigalité de sa jeunesse, ou h l'ambition de son oncle, ou a la turbulence de son peuple, son règne,