CHAPITRE CINQUIÈME. 'm
qui l'étrangla de ses propres mains pendant la nuit, et ordonna de traîner le cadavre le lendemain malin dans les rues, comme celui d'un traîire. Ce sombre et mystérieux assassinat nVflaça pas les soupçons secrets de Richard ; mais le lord Zouch, que le moine avait cité comme Fauteur du mémoire, déclara sous serment qu'il en ignorait l'existence; et le comte de Buckingham , autre oncle du roi , s' élançant dans la chambre Tépée nue , jura qu'il tuerait le premier qui accuserait son frère de trahison1 [mai]. Le roi dissimula; et Lancaster passa la mer pour obtenir une prolongation de l'armistice. On prit toutefois la résolution de l'arrêter au retour; mais il trompa l'attente de ses ennemis, et s'enferma dans son fort château de Pontefract, jusqu'à ce que la mère du roi , à force de voyages et d'instances , eut réconcilié l'oncle et le neveu, et obtenu aussi un plein pardon pour son propre fils, sir John Éoland*.
En conséquence d'un traité conclu a Paris, le roi de France avait envoyé en Ecosse un secours de mille hommes d'armes sous le commandement de Vienne, avec un subside de quarante mille livres en francs d'or, et des armes pour équiper mille chevaliers etécuyers écossais [mai 1385]. Il est amusant de lire dansFroissart les plaintes des Français à leur arrivée. Le pays était sauvage, le peuple n'était pas ciwlisé ; même Edimbourg, la capitale, était inférieur aux villes provinciales de Tournay et de Valenciennes. Il n'y avait ni banquets, ni bals, ni tournois. Les étrangers étaient forcés d'acheter les aliments les plus grossiers à un prix exorbitant; et la jalousie des indigènes leur refusait du fourrage pour leurs chevaux et menaçait leur vie de mille pièges. Pendant longtemps, deux seuls seigneurs, les comtes de Douglas et de Moray, daignèrent les visiter; et quand ils furent enfin prédonna deux fils, Thomas Iloland, qui hérita des honneurs de son père, et John Holand, créé depuis comte de Huntingdon et duc d'Exeter.