‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 255 sur 563 · Wals · texte numérisé non relu

Wals

2. Rjm. vu, 44(î. — Dans un parlement tenu vers la fin de l'année, on reçut une pétition de la fameuse Alice Perrers. Peu après sa condamnation , sir Vv illiam Windsor, son mari, avait présente un bill d'erreurs contre la sentence. Il établissait en particulier qu'elle avait été traduite en jugement comme femme seule, quoiqu'il fût depuis longtemps son mari : qu'elle avait été jugée par contumace, et qu'obtenir une faveur du roi, acte dont elle avait ete convaincue, était une chose très-différente que de solliciter des causes dans les cours , ce qui seul était défendu par le statut. En réponse il lui obtint la restitution de ses terres, à l'exception de quatre manoirs, à condition qu'il servirait avec cent trois hommes d'armes contre la France. Actuellement il était mort, et sur la pétition d'Alice l'arrêt rendu contre elle fut entièrement révoqué , sous la clause que toutes aliénations de iropriéte faites en conséquence de cet arrêt seraient considérées comme valides. Rot. Pari, m, 40, 186, 337.

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sentés au roi, ils furent choqués de ((ses yeux rouges et chassieux, de couleur de bois de sandal, qui les convainquirent qu'il n'était pas un guerrier. » L'intérêt des Français était de commencer sur-le-champ les hostilités; mais les Ecossais demandèrent à être payés pour combattre dans leur propre cause; et les quarante mille livres leur furent distribuées avant qu'ils se décidassent à entrer en campagne ». Ils fondirent enfin sur le Northumberland , et prirent trois châteaux dans les Marches ; mais l'approche de Richard avec une armée de quatre-vingt mille hommes les força dç se retirer précipitamment2.

[Juillet.] C'était la première fois que le jeune roi paraissait a la tête d'une armée ; mais sa marche fut arrêtée à York par une malheureuse circonstance, qui jeta du sombre sur la suite de l'expédition. Dans cette cité ou aux environs, le fils du comte de Stafford, un des favoris du roi, fut lâchement assassiné par sir John UolancT. Le père et les parents du mort demandèrent hautement justice : la reine mère implora la miséricorde de son lilsen faveur d'un frère. Mais Richard, qui n'avait point oublié la mort du moine, fut inexorable. Il confisqua les biens de l'assassin, et le menaça de la potence s'il quittait jamais le sanctuaire de Saint- John de Beverley. [8 juillet.] Peu de jours après, la malheureuse mère mourut de chagrin : son coupable fils attendit que la colère

1. Froiss.in, xii. Rym. vu, 48-1. La livre était le pound nominal de 90 sols Rym. ibid ; et livres 17 sols G deniers était la valeur d'un marc, ou huit onces d'or. (L'Art de vérifier les dates, i, 004.) L'argent fut distribué à des personnes de tout rang, depuis le prince d'Ecosse, qui reçut 5,500 livres, jusqu'à John Gray, qui fut forcé de se contenter de dix. Ibid. Le registre in-4' de Robert II, cité par NI. Pinkerton, dans son Histoire d'Ecosse (vol. r, p. 165), contient la convention faite entre les Ecossais et leurs auxiliaires avant de commencer l'expédition. Elle pourvoit à la sûreté des personnes apportant des provisions à l'armée dans sa marche vers les frontières, et défend le pillage sous peine de mort. Chacun doit porte- une croix blanche de Saint-André par devant et par derrière. Si un Français insulte un Eeossais, il doit être arrête par les Ecossais et mené devant son propre chef, et vice versà. La punition pour une sédition est la perte du cheval et des armes, si le coupable est chevalier ; d'une main ou d'une oreille, s'il ne l'est pas. La même punition doit être encourue par l'homme qui mettra le feu à une église en Angleterre, tuera une Femme ou un enfant, ou commettra un viol. Le prisonnier appartiendra à celui qui le premier aura reçu sa main.

'1. Ces 80,000 hommes dans * l'Ordonnance des trois Batailles, » publiée dans VArchœol. xxn, 13, se réduisent à environ un cinquième de ce nombre. Il y a peu de fond à faire sur les anciens historiens quand ils donnent le chiffre (les armées; mais je doute que « l'Ordonnance » contienne la totalité des combattants qui accompagnaient Richard. Elle mentionne tous ceux qui étaient amenés par le roi et les lords. Mais n'y en avait il pas d'autres, « la racaille, » comme les appelle Ilarding? Dans Rymer, v, 557, nous avons une liste des troupes amtj£nées par les lords dans une expédition en Ecosse, qui monte à 480 hommes d armes et 480 archers; mais ensuite nous vovons qu'ils étaient accompagnés de 2,400 archers de la commune.

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du roi fût amortie : il obtint son pardon, et épousa Elisabeth, seconde fille du duc de Lancaster

[1er août.] DTork, le roi se rendit à Durham, où, dans un conseil de guerre , l'armée fut divisée en trois corps de bataille et deux ailes, et on lit un code de lois pour le maintien de la discipline durant l'expédition. De là, cette redoutable armée s'avança a petites journées jusqu'aux frontières ; mais elle ne rencontra point l'ennemi. Le roi d'Ecosse, se sentant incapable d'arrêter la marche des Anglais, n'essaya point de s'y opposer, lis réduisirent en cendres Edimbourg, Dumfermline, Perth et Dundee; et IV vant-garde avait atteint les murs d'Aberdeen , lorsqu'on reçut avis que les Ecossais ravageaient les comtés de Westmoreland et de Cumberland, et que Vienne venait de mettre le siège devant Carliste. Sur l'avis du duc de Lancaster, on résolut de retourner vers la frontière et de couper la retraite a l'ennemi; mais durant la nuit, le chancelier, sir Michael de la Pôle, jeta de nouveaux soupçons dans l'esprit du roi; et le lendemain matin [30 août], Richard dit avec humeur à son oncle : « Vous pouvez, monsieur, vous en aller avec vos hommes partout où bon vous semblera. Moi. je retournerai avec les miens en Angleterre. — Alors, je vous suivrai, repartit le duc ; car vous n'avez près de vous personne qui vous aime autant que moi et mes frères; et si quelque autre que vous ose avancer le contraire , je suis prêt à lui jeter mon gant. » L'armée fut licenciée ; etles Ecossais et les Français se vantèrent que le dégât qu'ils avaient fait dans le Ckimberland et le Westmoreland compensait et au delà les ravages commis par les Anglais en Ecosse2.

[3 nov.] Au parlement suivant , le roi confirma les honneurs qu'il avait accordés pendant l'expédition sur les frontières de Tiviotdale. Ses oncles, les comtes de Cambridge et de Buckingham, qui avaient été créés duc d'York et de Gloucester [12 nov.], furent investis de l'épéc, du coronel et du chapeau d'apparat, et reçurent, pour le soutien de leur nouvelle dignité, une concession de terres de la couronne, d'un revenu annuel de mille livres. Henri de Bolingbroke, fils du duc de Lancaster, et Edouard Plantagenet , fils du duc d'York , furent faits comtes de Derby et de Rulland ; Robert de Vere, comte d'Oxford, obtint, avec le titre

1. Wals. 31G. Froissai t attribue ce meurtre au désir qu'avait Holand de se venger de la mort d'un de ses écuyers, qui, dans une querelle, avait cte tue par un archer appartenant à sir Ralph Stafford. Froiss. xm.

â. Wals. 310, 317. Froiss. xiv, xv, xvi. Ford, xiv, 4y, 50.

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de marquis de Dublin, la donation a vie du revenu de l'Irlande, à condition de verser annuellement à l'échiquier la somme de cinq mille marcs; et Michael de la Pôle fut créé comte de Suffolk, avec la réversion des domaines du dernier comte, a la mort de sa veuve et de la reine. Richard pensait que les princes du sang, satisfaits de leurs propres honneurs, verraient avec moins de jalousie l'élévation de ces deux favoris 1 ; mais en* même temps, pour couper court aux espérances ambitieuses de son oncle Lancaster, il déclara Roger, comte de Mardi, et petit-fils de Lionel, duc de Clarence, héritier présomptif du trône2.

Pendant la session du parlement, il arriva à Londres une ambassade du Portugal. Quelques années auparavant, Ferdinand, le dernier roi, avait conclu une alliance contre le roi de Castillc , avec le duc de Lancaster et le comte de Cambridge, qui faisaient valoir des prétentions à cette couronne du chef de leurs femmes respectives. Le comte, avec une petite mais vaillante armée, fit voile pour Lisbonne : le duc s'était engagé à le suivre ; mais l'insurrection des communes empêcha son départ; et Ferdinand, ne se trouvant pas de force à lutter, conclut une paix avec ses adversaires. Ce roi avait enlevé de vive force Léonora, femme de Lorenzo d'Acunha, qui fut couronnée reine, et lui donna une fille nommée BéaLrix. Tandis que le comte de Cambridge était à Lisbonne, son fils Jean épousa la princesse. Ils étaient tous les deux du même âge, dans leur dixième année; mais le comte, à son dépar^, refusa de laisser son fils en Portugal; et Ferdinand, bientôt après, donna la princesse, sa fille unique, en mariage à Jean, roi de Castille, son ancien ennemi [29 oct. 1383]. Ce prince, à la mort de son beau-père, demanda la couronne du chef de sa femme. Sa réclamation fut admise parla noblesse ; mais les quatre cités de Lisbonne, de Coïrabre, d'Oporto et d'Ourique, déclarèrent qu'elles ne reconnaîtraient jamais les prétentions d'une fille illégitime, lorsque le mari de la mère vivait encore, et offrirent la couronne a Jean, frère naturel du feu roi, et grand-maître de l'ordre d'Avis, qui, pour se maintenir sur le trône, sollicita l'aide du duc de Lancaster contre leur ennemi commun [6 avril 1385]. Le duc accepta la proposition avec plaisir; Richard fut charmé de trouver un prétexte quelconque de l'éloigner du royaume; et la moitié du subside voté pour l'année fut consacré à faire face aux

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