‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 256 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

dépenses de l'expédition ». L'hiver se passa à rassembler une armée de vingt mille hommes, dans laquelle il y avait deux mille hommes d'armes et huit mille archers. Avant son départ, le roi fît présent à son oncle, et la reine a la duchesse, de riches couronnes d'or. L'expédition mit a la voile à Plymouth2 [9 juillet 1386], toucha à Brest pour relever la garnison, et débarqua à la Corogne [9 août]. La réduction de la Galice ouvrit la roule du Portugal, où le roi Jean vint au-devant du duc ; et, pour cimenter leur amitié, un mariage fut célébré entre xe prince et Philippa , fille aînée de Lancaster , d'un premier lit. Mais la campa- ' gne suivante fut malheureuse [mai 1387]. L'armée anglaise fut décimée par la chaleur du climat ; les conquêtes de l'année précédente furent rapidement perdues; et le duc lui-même, pour rétablir sa santé, fut obligé de quitter le Portugal, et de fixer sa résidence en Guienne. Mais sa politique répara ces désastres. Le duc de Berry avait proposé d'épouser Catherine, seul enfant que Lancaster eut de Constance, sa femme actuelle, et héritière des prétentions de sa mère à la couronne d'Espagne. 11 fit en sorte que la nouvelle de cette proposition vînt aux oreilles du roi de Castille, qui prit aussitôt l'alarme, et offrit d'accommoder la querelle entre les deux familles, en mariant Henri , son fils et héritier, à cette même princesse3. L'offre fut acceptée. Conslance renonça à ses prétentions au trône en faveur de sa fille; la succession, après la mort du roi actuel, fut assurée a Henri et Catherine et a leurs enfants; et à défaut d'enfants, à ceux du djuc d'York et d'Isabelle, sœur de Constance. On paya deux cent mille couronnes a Lancaster pour le défrayer des dépenses de la dernière expédition, et on lui constitua une annuité de cent mille florins, et une autre de même somme à la duchesse, leur vie durant. Henri et Catherine furent mariés [1388]. et créés prince et princesse des Asturies. Leur postérité régna sur l'Espagne pendant nombre de générations 4.

Si Richard se méfiait de l'ambition de Lancaster, il eut bien* tôt lieu de regretter l'absence de ce prince, dont l'autorité avait jusqu'ici tenu en bride les passions plus ardentes et les conseils

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