‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 257 sur 563 · Rym. vu, 603. Knyght. 3673. Wals · texte numérisé non relu

Rym. vu, 603. Knyght. 3673. Wals

plus fougueux de son frère , le duc de Gloucester. Celui-ci prit alors l'ascendant, fomenta le mécontentement de la noblesse, réorganisa tout le gouvernement, et ne laissa guère a son neveu que le vain titre de roi. Les Français , encouragés par l'absence de l'armée d'Espagne, avaient sérieusement formé le dessein d'envahir l'Angleterre. Leurs préparatifs en armes, en provisions et en vaisseaux étaient immenses. Tous les barons et les chevaliers semblaient avides de rendre aux Anglais le mal qu'ils avaient si souvent fait a la France. La cavalerie et l'infanterie rassemblées pour l'expédition dépassaient cent mille hommes; et la Hotte qui . était réunie dans le port de Sluys [1386] était si nombreuse, que, pour me servir de l'expression exagérée d'un contemporain, elle aurait pu former un pont d'un pays à l'autre. La nouvelle de ce formidable armement répandit une épouvante universelle; mais on fit des levées , on organisa des signaux , et on assembla des troupes dans les positions les plus favorables. Le comte d'Arundel reçut le commandement de la flotte ; ses instructions étaient de détruire les vaisseaux de l'ennemi dès qu'ils auraient débarqué leurs forces, et l'ordre fut donné aux troupes de dévaster le pays devant les envahisseurs et d'éviter un engagement général1. La confiance de la nation se ranima; mais les grands barons, guidés par le duc de Gloucester, saisirent cette occasion pour comploter le renversement de l'administration. Ils prétendirent quo les officiers du roi détournaient à leur profit le revenu public ; que les communes avaient été appauvries par des taxes continuelles; que les hautes classes ne pouvaient obtenir le payement de leurs rentes; et que, dans beaucoup d'endroits, les tenanciers étaient forcés par la détresse d'abandonner leurs fermes2. 11 est impossible de constater jusqu'à quel point ces maux pouvaient être imputés à l'administration ; que le jeune roi dépensât beaucoup pour sa maison, nous le savons ; mais il est également vrai que l'année précédente il avait volontairement fait remise au peuple d'un dixième et d'un quinzième qui lui avaient été accordés en parlement3. L'invasion projetée fut retardée de semaine •

1. Froiss. vin, 7, 8. Knyght. 2G7J). Le connétable de France avait fait construire une forteresse en bois , composée de pièces de rapport , et qui devait être embarquée pour que le roi en fit usage lorsqu'il aurait pris terre. Mais pendant le voyage de Tréguier à Sluys sa flotte fut dispersée, et trois vaisseaux , sur lesquels étaient ces pièces de rapport et les charpentiers, furent capturés. Richard les fit assembler et exposer à Winchelsea. Froiss. mu, 1», Knyght. 2679. j

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