CHAPITRE CINQUIÈME
gués contre lui. Sur son refus, le duc de Lancaster prononça la sentence ordinaire de trahison ; il fut immédiatement reconduit à la Tour, et eut la tête tranchée le môme jour, sous la surveillance du lord Morley, lieutenant du comte maréchal K
Celui-ci, qui était toujours h Calais, avait reçu Tordre d'amener son prisonnier, le duc de Gloucester, à la barre de la chambre, afin qu'il pût répondre aux lords qui l'avaient accusé de trahison. Trois jours après [24 sept.] arriva un message annonçant que le comte maréchal ne pouvait produire ledit 'duc devant le roi en parlement, attendu que le prince était mort dans la prison du roi à Calais, où il était détenu. L'époque, le lieu, la soudaineté de cette mort, feront naître le soupçon que cet infortuné avait été assassiné ; et sous le règne suivant, on prétendit que Richard, ne voulant pas flétrir la famille royale en soumettant son oncle à un jugement public, et ne voulant pas non plus accorder la vie à un homme qui avait si impitoyablement refusé miséricorde aux autres, avait envoyé à Calais des assassins qui étouffèrent le duc entre deux matelas 2. Quoi qu'il en soit, les lords appelants requirent jugement; les communes secondèrent leur demande par une pétition; et le duc fut déclaré traître, et tous ses biens confisqués au profit de la couronne 3.
Le lendemain [25 sept.] la confession de Gloucester, reçue par sir William Rickhill, fut lue en parlement. Il se reconnaissait coupable d'avoir obtenu la commission de régence ; de s'être présenté avec une force armée devant le roi dans Westminster-hall; d'avoir ouvert les lettres du roi sans permission; d'avoir parlé outrageusement de lui devant témoins; d'avoir employé les me-
1. Rot. Pari, IU, 374-377, 435. D'où il est évident que le comte-maréchal n'était pas présent, et que ce qu'on a dit des insultes faites par lui au prisonnier lors de l'exécution ne saurait être vrai. "Wals. 335.
2. Dans la première année du règne suivant, on lut au parlement un papier qu'on donnait pour une confession sous serment de John Hall , domestique du comte de Nottingham. 11 disait, ou on lui faisait dire, qu'un jour, en septembre, le duc avait été amené du chAteau de Calais à un hôtel appelé l'auberge du Prince, et remis à deux individus, domestiques du roi et du comte de Rutland; qu'ils l'avaient fait monter en haut, lui avaient conseillé d'envoyer chercher un confesseur, attendu qu'il allait mourir, et qu'après le départ du prêtre, ils l'avaient étouffé entre deux matelas en présence du déposant et de trois autres. Aussitôt que ce papier eut été lu, Hall fut condamne et exécuté immédiatement sans avoir été entendu, ni même mené devant ses jupes. Quoique huit personnes fussent nommées dans la déposition, comme ayant eu part à ce qui s'était passé, pas une d'elles ne fut interrogée ni inquiétée/ Si nous réfléchissons à tout l'intérêt qu'avait Henri IV à faire croire que Richard était l'auteur de la mort de Gloucester, toutes ces circonstances tendent à faire naître le soupçon qu'il ne pouva i t le prouver. Voyez Rot. Pari, m, 453.