Ibid
340 H1ST01KË D'ANGLETERRE.
naces pour le décider a condamner sir Simon Burley; d'avoir consulté pour savoir s'il ne pouvait pas retirer son hommage; et d'avoir conspiré avec d'autres pour déposer le roi, mais seulement pour quelques jours, après lesquels son intention était de le replacer sur le trône. Il protestait, toutefois, que depuis le jour où il avait prêté serment à son neveu sur le corps de Dieu à Langley 4, il lui avait toujours été fidèle, et concluait en ces termes : u C'est pourquoi je conjure mon seigneur lige et souverain » le roi de vouloir bien de sa haute grâce et bénignité me rece- » voir en sa merci et grâce, comme je mets ma vie, mon corps et » mes biens entièrement a sa volonté, avec autant de soumission » et d'humilité qu'aucune créature peut ou doit le faire envers » son seigneur lige. Conjurant sa haute seigneurie de vouloir bien, » au nom de la passion que Dieu a soufferte pour tout le genre » humain, et de la compassion qu'il eut pour sa mère étant sur » la croix, et de la pitié qu'il eut pour Marie Madeleine, daigner » avoir compassion et pitié, et me recevoir en sa merci et grâce, » comme il a toujours été plein de merci et de grâce pour tous » ses liges, et tous autres qui ne lui tenaient pas de si près que » moi, tout indigne que je suis 2. » Avec quelle éloquence il savait implorer merci pour lui-même, lui qui n'en avait jamais accordé aux autres !
L'archevêque de Canterbury n'avait pas repris sa place au parlement depuis sa mise en accusation. Son absence fut attribuée à un conseil perfide du roi, qui, craignant l'impression que pourrait faire son éloquence, aurait feint d'être son ami, l'aurait engagé h ne pas irriter ses ennemis par sa présence, et lui aurait promis de le protéger contre leur ressentiment s. Quoi qu'il en soit, dès que la confession du duc de Gloucester fut lue, les communes requirent jugement contre le primat. Richard déclara sur-le-champ qu'il s'était reconnu coupable, et s'était remis h la merci du roi ; et on prononça une sentence qui le bannissait pour la vie, et
confisquait son temporel au profit de la couronne. Arundel se
1. Ce serment avait été prêté dix ans auparavant (Rot. Pari. 4-21). J'en fais la remarque, parce quelques écrivains supposent que la confession du duc a trait à des événements récents , tandis qu'elle se rapporte entièrement à sa conduite dans les années 138G et 1387. Richard fit dire des prières pour son àme dans toutes les églises paroissiales, parce qu'il avait confessé ses trahisons et s'en était repenti avant sa mort. Acts of Coun. i, 76.
2. Rot. Pari. 379. L'aveu d'avoir employé les menaces pour obtenir la condamnation de Burley n'est point dans la confession , mais fut plus tard ajouté de vive voix par Rickhill. Ibid. et 431.