CHAPITRE CINQUIÈME. 34H
aussi; et alors le lord Thomas Percy, que les membres du clergé avaient désigné pour assister comme leur fondé de pouvoirs, jura au nom de ses commettants l. Il est difficile de comprendre quel fond Ton pouvait faire sur de tels serments. Des hommes mômes qui juraient en ce moment, la plus grande partie avait juré le contraire dix ans auparavant ; et de même qu'ils violaient ce premier serment, ils violèrent le second avant que deux années se fussent écoulées. Le parlement fut prorogé pour se rassembler de nouveau à Shrewsbury après les fêtes de Noël 2.
Ces actes révélèrent le caractère réel du roi. Le secret qu'il avait si longtemps gardé sur ses projets de vengeance, la dissimulation avec laquelle il avait accumulé les faveurs sur ses victimes désignées, et ce mépris des formes légales et des principes de justice qu'il avait déployé dans le cours des procédures, étonnèrent et épouvantèrent non-seulement les anciens adhérents de Gloucester, mais tout homme qui avait jamais encouru le déplaisir royal. Le duc de Norfolk occupait, du moins on apparence, une haute place dans la faveur du roi ; mais sa conscience lui rappelait toute la part qu'il avait prise aUx actes politiques de la onzième année du règne ; il savait que sa répugnance à se mêler des dernières poursuites avait offensé 3 ; et il nourrissait le soupçon que les honneurs auxquels il avait été élevé n'avaient pour but que de l'aveugler et de le faire tomber dans le piège. Des anciens lords appelants, il ne restait que lui et le duc de Hereford. L'ayant rejoint par hasard sur la route de Brentford à Londres, il s'ouvrit à son ami, lui expliqua ses appréhensions, et lui indiqua les membres du conseil du roi qui lui étaient le plus suspects4. On no sait si Hereford divulgua imprudemment ce
1. Rot. Pari, m, 35:î-356. Stat. of Realm, n, 05-107. Je crois nue les personnes exempts appelées devant le conseil pour payer une amende (Acts of Counc. i, 75, 76), étaient les personnes mentionnées ci-dessus comme exceptées du pardon. Voyez Rym, vin, 96.
2. Ibid. 356-369. Je suppose que le parlement avait été prorogé à cause de l'absence du comte de March, héritier présomptif de la couronne, qui était lieutenant du roi en Irlande. Tout le monde desirait qu'il donnât son consentement aux derniers actes, et Richard lui expédia l'ordre péremptoire de se trouver à Shrewsbury. Aucune excuse ne serait admise (Rym. vin, 21. 15 oct.). 11 obéit, et dès que la session fut ouverte , il prêta le serment qui avait déjà été prêté par les autres pairs [Roi. Part, m, 357), et concourut aux différentes ratifications de tout ce qui s'était passé en son absence.