‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 290 sur 563 · CHAPITRE CINQUIÈME- M · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME- M

la seule tentative d'invalider aucune des mesures de la présente session fût déclarée trahison. Le roi consulta leg juges*, qui répondirent qu'on ne pouvait trouver de garantie meilleure que l'autorité du parlement. Cependant, à sa requête, les lords renouvelèrent, sur la croix de Canterbury, leur ancien serment; les procureurs du clergé les remplacèrent; et les chevaliers du shire, debout autour du roi, avec la plupart des citoyens et bourgeois, imitèrent leur exemple. Richard s'informa alors s'il était possible de lier ses successeurs; et lorsqu'il sut que cela ne se pouvait pas, il déclara qu'il solliciterait du moins le pape d'excommunier le prince qui dans l'avenir annulerait aucun acte du présent parlement. Un héraut demanda au peuple par proclamation s'il acceptait cette sorte de garantie ; et le peuple, levant les mains, donna son assentiment par de bruyantes acclamations 2. 3° Deux jours avant l'ouverture de la session, le duc de Hereford avait obtenu un pardon général, sous le grand sceau, pour les trahisons, connivences et délits qu'il avait jamais commis 3. Il comparut alors en parlement [30 janv.] pour poursuivre le duc de Norfolk, et présenta par écrit toute leur conversation. Néanmoins, comme s'il se sentait coupable, et qu'il doutât de la sincérité du roi, il revint le lendemain matin, se jeta a genoux devant Richard, et lui adressa les paroles suivantes : « Mon seigneur lige, il y a eu » des séditions, des troubles et de mauvaises actions dans votre » royaume, offensants pour vous et pour votre état royal; et je » sais que j'y ai pris part; non pas, toutefois, a mauvaise fin, ni » pour vous déplaire, car je ne savais point alors que je faisais » mal. Mais maintenant je le sais, sire, et je confesse ma faute. » C'est pourquoi, sire, je vous crie merci, et vous demande par- » don. » Le roi immédiatement fit droit à sa pétition, promit

1. D'après ceci il est clair 'que les juges ne siégeaient plus en parlement avec les lords de la même manière qu'autrefois. Sir William Thirnyng , chef de justice du banc du roi, dit que le parlement seul pouvait déclarer trahison ce qui n'avait été déclaré tel auparavant; mais que, s'il eût été lord et pair du parlement, il aurait répondu comme avaient fait les autres. L'acte de révocation est fait « [Kir le roi, avec l'assentiment des lords spirituels et temporels, des procureurs du clergé et des communes, et sur l'avis des juges et avocats du roi. » Ibid. 3ôN.

2. Proclamation feust fait en audience de tout le peuple criants ove hautes

voiccs, q'il lour plest bn, et q'ils sont a ceo pleinement assentuz. Ibid. 300. Je remarque cette circonstance, parce qu'elle sert à expliquer les passages des écrivains plus anciens, qui décrivent le peuple comme assistant aux grands conseils, et témoignant son approbation par acclamation. 11 parait que cette coutume prévalait encore. Nous voyons aussi qu'il est fait mention au peuple dans le premier parlement du règne suivant populoque dicti regni tune ibidem propter

factura parliamenti in maximâ multitudine congregato. Ibid. 417.

Page 1